Les difficultés du solaire en France

La dernière étude publiée par le groupe de pensée « France Territoire Solaire », qui regroupe les professionnels du secteur, dresse un bilan assez négatif de l’état du solaire photovoltaïque en France. Le marché est certes en croissance, mais cette croissance est faible et certains types d’installation ne progressent pas du tout.

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Une année 2014 en demi-teinte

Le premier chiffre qui ressort de cette étude peut être trompeur. En effet, avec une hausse de 45 % de la puissance raccordée sur l’année 2014 par rapport à 2013, on serait tenté de conclure à une forte progression, augurant d’un développement rapide de l’énergie photovoltaïque en France. Mais cette augmentation vient après une année 2013 extrêmement décevante. Au total en 2014, 883 kilowatts crêtes (KWc, qui désigne la puissance maximale dans de bonnes conditions) ont été raccordés au réseau, contre 610 KWc en 2013.

La France, avec une puissance installée de 4.9 gigawatts (GWc) et une production qui représente 1.3 % de sa consommation d’électricité, fait pâle figure lorsqu’elle est comparée à l’Allemagne ou à l’Italie qui disposent respectivement de 38 et 19 GWc. Certes, on pourrait rétorquer que l’Allemagne, si elle utilise beaucoup d’énergies renouvelables, a l’un des systèmes de génération d’électricité les plus polluants d’Europe, notamment parce qu’elle utilise du charbon en complément des renouvelables. Mais il n’en demeure pas moins que le développement du solaire en France pourrait prendre une autre ampleur.

La morosité générale du solaire français masque des situations très différentes. En effet, le marché des grandes centrales est le seul à être dynamique, il est à l’origine de 60 % de la puissance raccordée, et est responsable de l’essentiel de la progression du solaire photovoltaïque dans le pays. Les autres types d’installations, notamment celles du marché résidentiel, stagnent, ou diminuent. L’exemple de la future centrale de Cestas, près de Bordeaux, qui devrait être raccordée en fin d’année et devenir la plus grosse centrale solaire d’Europe illustre bien la situation : les gros projets, qui font suite à des appels d’offres importants, sont les seuls qui tirent le marché.

Un problème bien français

La situation française peut paraître paradoxale, alors que l’énergie solaire représente 50 % des nouvelles centrales électriques dans le monde, et que les entreprises du secteur sont globalement en croissance. Le solaire est en effet devenu en 2014 l’énergie ayant le plus faible coût en moyenne au niveau mondial. Un panneau solaire moderne rattrape en plus son bilan carbone en trois ans.

Selon Daniel Bour, le Président du syndicat Enerplan interviewé par le Figaro, l’exception française tient à deux choses. D’une part, il juge le cadre réglementaire trop instable, ne donnant pas de lisibilité aux producteurs et installateurs, les exposant à un risque trop élevé. Ainsi, le moratoire de 2010 a été très mal vécu du côté des professionnels du solaire, et cela s’en est ressenti dans les chiffres, notamment pour les installations résidentielles, dont le volume sur un trimestre a diminué de près de 40 % depuis 2011. Daniel Bour regrette aussi la baisse des tarifs de rachat de l’électricité solaire. Il a également fait savoir que les appels d’offres sont trop irréguliers, et concernent une puissance raccordée qui est souvent plus faible que prévue, risquant de plomber le dynamisme du marché des grandes installations.

Quelles perspectives ?

Globalement, France Territoire Solaire ne se montre pas optimiste pour ce qui reste de l’année 2015. La file d’attente de projets se raccourcit, sans que l’on ne sache définir si cela résulte du retrait des projets terminés ou d’une annulation pure et simple de certains projets hors-délais. Quoiqu’il en soit, selon les types d’installations, jusqu’à la moitié des projets pourraient ne jamais voir le jour.



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Mais alors le solaire est-il condamné ? Non, car la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) prévoit une augmentation des tarifs de l’électricité de 30% d’ici à 2017. Cette inflation, combinée à la fin des tarifs réglementés pour les professionnels en fin d’année pourrait rendre le solaire de plus en plus intéressant à moyen terme. L’autoconsommation pourrait en revanche ne pas apparaître dans les statistiques si le raccordement au réseau central d’électricité n’est pas effectué. Cette nouvelle pratique, rendue plus facile grâce à l’amélioration des batteries, séduit de plus en plus de ménages et entreprises françaises.

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Vos réactions

06 Juil

Ainsi, c’est encore EDF qui fait la loi, qui impose son prix de rachat de l’électricité solaire aux particuliers et qui se permet de décider unilatéralement de baisser les prix. C’est comme si nous, les acheteurs d’électricité, imposions notre prix d’achat d’électricité à EDF et décidions aujourd’hui unilatéralement de le baisser. L’Etat n’encourage plus fiscalement ce qui fut une arnaque dont furent victimes de nombreux Français encore peu informés, tombés entre les mains d’une multiplicité d’entreprises peu scrupuleuses qui se précipitaient sur ce nouveau marché de la fourniture et de l’installation des panneaux solaires chez les particuliers. Actuellement, c’est tant pis pour le producteur d’électricité-pigeon qui s’endette sur 15 ou 20 ans pour le projet, qui prête le toit de sa maison au projet et qui paye à prix d’or les panneaux (qui ne sont plus importés de Chine) qu’une entreprise privée aux tarifs prohibitifs vient poser sur son toit. La cerise sur le gâteau, c’est quand l’entreprise installatrice fait faillite, disparaît sans avoir assuré son service après-vente et que la victime, comme l’un de nos amis aux revenus modestes, se retrouve avec une toiture qui fuit, endetté pour vingt ans auprès de sa banque (près de 300 euros par mois) pour une installation sans doute défectueuse qui ne produit finalement que peu d’électricité. Si EDF a vraiment besoin de l’électricité produite sur nos toitures, il faut que ce soit EDF qui prenne tous les risques, EDF qui paye les panneaux solaires et leur installation, puis EDF qui nous indemnise chaque mois pour la location de l’espace privilégié qu’elle occupe sur nos toitures par un remboursement sur notre consommation, que nous estimions la location de notre toiture, en fonction de son orientation au soleil, au prix indexé du m² de l’immobilier local. Ainsi, 15 m² de panneaux solaires posés par EDF sur notre toit nous rapporteraient, sans risque d’endettement, de 100 à 200 euros mensuels de la part d’EDF.

mianne
07 Juil

@mianne : Merci pour ce commentaire. En effet, les mesures rétroactives telles que la suppression des tarifs de rachat impactent les producteurs (petits ou gros) qui ont investi en considérant un contexte normatif qu’ils pensaient stable. Beaucoup en ont souffert, notamment en Espagne lorsque le gouvernement a retiré toutes ses subventions en 2008. Ce genre de mesures est d’ailleurs déconseillé par l’Agence Internationale de l’Énergie.
Quant au versement d’un « loyer solaire » par EDF, l’idée est à creuser, mais obtenir un prix uniforme et idéal n’est pas chose aisée. Il ne faut pas oublier non plus que les coûts d’EDF sont, in fine, reportés sur les factures (hors subventions d’État, chose qui n’est pas d’actualité en période d’austérité). Un espoir cependant, le solaire est de plus en plus compétitif, les coûts d’investissement diminuent, et il pourrait bientôt se passer de toute subvention.

Juliette Guery
18 Août

Il n’y a pas que EDF, vous oubliez ERDF. J’ai fait une demande de raccordement en Décembre 2014. A ce jour on est en Aout 2015, et je ne suis toujours pas raccordé. Il parait qu’ils vont faire des travaux de renforcement de la ligne dès le 24 Septembre, soit un raccordement j’espère vers le début octobre 2015. Dix mois pour réaliser une connexion dans mon garage, il y a bien de quoi décourager toutes les bonnes volontés.

Bavière Philippe
26 Août

@Bavière Philippe : Merci de votre témoignage. Le délai de raccordement (raccordement dont ERDF est chargé) est ce qui pose le plus de problèmes aux particuliers. On parle en général de 6 mois, mais cela peut, comme dans votre cas, être allongé si des complications techniques émergent.

Juliette Guery



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