Zoom sur la filière biogaz

Vert et compétitif, le biogaz s’impose progressivement et durablement dans le mix énergétique français. La filière est en plein essor et la méthanisation fait l’objet de nombreuses mesures de soutien du gouvernement. Mais qu’est-ce que la méthanisation ? Quelle est sa place dans la transition énergétique et à quels obstacles la filière biogaz fait-elle face ?

 

La méthanisation est le processus de dégradation de matière organique en l’absence d’oxygène. Ce processus produit :

 

  • Du biogaz composé de 50% à 70% de méthane, la part restante correspondant au dioxyde de carbone et à des gaz résiduels.

  • Un digestat, qui après une phase de maturation peut être réutilisé comme fertilisant dans l’agriculture.

Le biométhane, un gaz renouvelable comparable au gaz naturel fossile

Le processus de dégradation faisant émerger le biogaz se produit de manière spontanée dans la nature : c’est le cas dans les marais. Lorsque le processus de production est contrôlé, on parle de méthanisation. Le biogaz n’obtient le statut de biométhane qu’après épuration. Ce n’est qu’une fois débarrassé de ses impuretés, comme le dioxyde de carbone et l’hydrogène sulfurisé, que sa qualité sera comparable à celle du gaz naturel.

 

Le biométhane est bien plus concentré en méthane que le biogaz. Cette caractéristique permet au biométhane d’être entièrement miscible avec le gaz naturel. Il peut donc être stocké et transporté sur le réseau dans les mêmes conditions que l’énergie fossile.

 

Il est dès lors injectable sur le réseau de gaz naturel et capable de remplir les mêmes fonctions principales :

 

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La place du biométhane dans la transition énergétique

L’Association Technique Energie Environnement (ATEE) attire l’attention du public sur l’importance de l’exploitation du biogaz dans le mix énergétique : « transportable et stockable, prévisible et modulable en puissance, substituable aux carburants fossiles. ». Le biométhane utilisé en tant que carburant, a de plus l’avantage d’être un faible émetteur de particules fines et affiche un excellent bilan carbone. L’ADEME estime que la part du gaz provenant de la méthanisation pourrait représenter 10% à 15% de la consommation totale de gaz d’ici 2030.

 

Les tarifs d’achat d’électricité issue du biogaz ont fait l’objet de modifications en série depuis 2011. La loi Grenelle II, promulguée en juillet 2010, lançait les dispositions nécessaires au soutien du développement du biogaz en France pour la production de chaleur et d’énergie électrique. Elle prévoyait notamment une compensation des surcoûts pour les fournisseurs et instaurait le dispositif de garantie d’origine du biogaz. Ségolène Royal a rappelé, à l’occasion du Salon de l’Agriculture, les dernières mesures de soutien mises en place. En octobre 2015 : la revalorisation du tarif d’achat de l’électricité produite par les installations de méthanisation. Une mesure qui aurait permis une hausse significative de 10% à 20% des revenus liés. En décembre 2016 : simplification des procédures auprès de l’ADEME pour profiter des tarifs appliqués aux nouvelles installations.

Les obstacles au développement de la filière

L’ADEME rappelle que les lourds investissements, nécessaires aux projets de méthanisation, sont un frein à l’avancement des porteurs de projets venant du monde agricole. L’Agence en appelle à l’implication des collectivités locales pour faciliter le lancement de projets. A ce titre, elle cite en exemple le modèle suédois réputé pour le développement de biométhane carburant.

 

Si la filière est en pleine expansion, elle fait également l’objet de questionnements grandissants sur les nuisances et les potentiels risques associés. Ce sont notamment les riverains qui expriment leurs inquiétudes face aux possibles risques sanitaires. Les nuisances pointées du doigt sont liées aux bruits et aux odeurs émanant des lieux de production et des flux de transport. Les risques rattachés à l’agriculture intensive et aux explosions sont également évoqués de façon récurrente. L’ADEME note que « les critiques sont souvent légitimes, mais parfois injustifiées » et regrette que les petits porteurs de projets soient les premières victimes de cette « méconnaissance du public ».

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Ainsi, la communication et la transparence des acteurs quant à leurs activités sera un élément essentiel à l’avènement de la filière biogaz. Une philosophie qui vaut pour le développement des énergies renouvelables en général, celui-ci reposant fortement sur l’implication citoyenne.