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Les économies d’énergie en France et en Allemagne

Par L’équipe de rédaction

Publié le 09/01/2014 à 17h31, mis à jour le 02/09/2021 à 16h31

Suite à la catastrophe de Fukushima, Angela Merkel a annoncé en mai 2011 que l’Allemagne sortirait du nucléaire d’ici 2022. Le pays a donc 11 ans pour fermer ses 17 centrales nucléaires et ainsi remplacer plus de 60 TWh par des énergies propres. Cet objectif met la barre très haut au niveau européen en termes de développement durable. Une telle ambition nécessite un investissement au niveau national pour être menée à bien. Et qu’en est-t-il de la France ? Quelles sont les mesures mises en place par ces deux pays pour inciter la population à faire des économies d’énergie ?


La comparaison de ces deux pays n’est pas évidente à la vue de leur situation respective et des dispositifs différents mis en oeuvre. Ainsi, cet article nous permettra d’exposer les efforts développés par ces deux pays pour inciter la population à réaliser des économies d’énergie.

Les dispositifs de la « Energiewende », transition énergétique allemande

L’Allemagne a mis en place plusieurs dispositifs pour mener à bien son projet de 2022. En effet, le pays a connu une fulgurante expansion de ses énergies renouvelables qui fourniraient près de 25% de l’électricité allemande. A travers la loi Erneuerbare-Energien-Gesetzt (EEG), concernant les énergies renouvelables, l’EEG-Umlage a été instaurée. Il s’agit d’une taxe sur l’énergie qui s’ajoute à la facture d’électricité des Allemands permettant de développer le parc d’énergies renouvelables du pays (panneaux solaires, éoliennes…).


Cependant, l’Allemagne a su également mettre en place des mesures incitant les ménages à faire des économies d’énergie. Elle a, en effet, instauré un système de prêts réservés aux Allemands désirant faire des économies d’énergie. Le Kfw, institution de crédit pour la reconstruction, réserve 50 % de ses fonds pour financer ces prêts. Ces crédits sont accessibles à tous (collectivités, ménages, entreprises…) et sont accordés par les grandes banques du pays. Il est possible d’emprunter jusqu’à 75.000 euros et le taux d’intérêt varie selon l’emprunteur et son projet. En outre, plus le projet sera ambitieux au niveau écologique et plus le taux sera intéressant. Des experts thermiciens se chargent de vérifier, en amont, la faisabilité du projet et, en aval, les résultats. Grâce à ce dispositif, de plus en plus d’Allemands investissent dans l’énergie solaire. Cela leur permet de bénéficier d’une énergie qui oscille autour de 15 et 18 centimes le kilowattheure contre 25 centimes pour l’électricité classique. En revanche, ce dispositif n’est pas accessible aux ménages les plus modestes du fait des critères de solvabilité.


Par ailleurs, l’EEG-Umlage (taxe sur l’électricité) ne concerne pas tout le monde. En effet, le gouvernement, pour protéger l’industrie allemande, a exempté de la taxe plus de 17.000 grandes entreprises, ce qui représente plus de 48 % de l’énergie consommée du pays. Les ménages et les PME ont donc le sentiment de payer seuls la transition énergétique du pays. Selon la Fédération des chambres de commerce et d’industrie, plus d’une entreprise sur quatre pense à délocaliser ses sites de production en raison du prix de l’électricité (25 cts/kWh en Allemagne contre 14 cts/kWh en France).

Les économies d’énergie en France

La France est tout aussi soucieuse de l’environnement : elle incite donc les Français à faire des économies d’énergie de par différents dispositifs. Il s’agit essentiellement d’aides financières.


Pour financer ces dispositifs, l’Etat a mis en place un système de certificats d’économies d’énergie (CEE) qui impose aux vendeurs et distributeurs d’énergie, appelés les obligés, d’effectuer des économies d’énergie ou, à défaut, de payer une amende forfaitaire à l’Etat (0.02 cts par kWh manquant). La France a également mis en oeuvre un système de prêt bancaire, l’Eco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ). Tout comme son cousin allemand, il consiste à prêter de l’argent aux particuliers pour leur permettre de financer leurs travaux de rénovation énergétique. La seule différence est, comme son nom l’indique, que ce prêt n’a pas de taux d’intérêt.


Cependant, la première source de financement des travaux d’économies d’énergie pour les ménages français reste le crédit d’impôt développement durable. Cet avantage fiscal, recalculé chaque année, permet de réduire significativement les dépenses liées à la rénovation énergétique. Il fait référence à une réduction d’impôt sur le revenu, les non-imposables peuvent également en bénéficier ce qui donne lieu à un remboursement. Attention, il y a tout de même certaines conditions à respecter pour profiter de cet avantage fiscal. Ainsi, il est impératif d’effectuer ses travaux par un professionnel et de choisir des produits éligibles.

 

D’autres aides nationales existent pour inciter les ménages à effectuer des économies d’énergie. Parmi elles, l’Anah (Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat) qui a pour objectif de lutter contre la précarité énergétique en aidant les plus modestes à réduire leurs factures d’énergie. L’agence s’engage à prendre une partie des travaux à sa charge, une somme qui peut monter jusqu’à 20.000 €.

 

A travers ces actions, on s’aperçoit que l’Allemagne et la France ont bien pris conscience que le respect et la protection de l’environnement sont l’affaire de tous. Des efforts sont encore à produire pour pouvoir à terme n’avoir recours que’à des énergies renouvelables.

L’équipe de rédaction