Photovoltaïque : encourageons le Made in France !

Article publié le 8 novembre 2011 par

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Origine FranceAlors que l’entreprise Photowatt jusqu’à présent leader Français du photovoltaïque est en dépôt de bilan, d’autres acteurs de la filière tentent de remonter la pente en faisant certifier leurs savoir-faire.
C’est le cas de la société Cofam Energy, concepteur et revendeur-conseil de solutions d’intégration photovoltaïques qui ont récemment été labellisées « Origine France Garantie ». Dans cette démarche de qualité et de reconnaissance, Quelle Energie a interrogé son directeur Frédéric Rensonnet pour en connaître davantage sur ce label et les perspectives d’avenir de la filière sinistrée.

Quelle Energie : Pourquoi avez-vous décidé de faire certifier vos systèmes d’intégration par le label « Origine France Garantie »?

Frédéric Rensonnet : Nous avons fait ce choix car ce label assure à l’utilisateur la garantie d’une qualité « à la française ». Cette garantie nous permet de nous différencier des autres systèmes déjà existants sur le marché et de valoriser un savoir faire en concevant un système unique de fixation totalement conçu et fabriqué en France. C’est aussi devenir un pionnier en étant l’une des premières entreprises françaises à l’obtenir.

Qui gère ce label et quelle(s) différence(s) avec le label AQPV (Alliance Qualité Photovoltaïque) récemment annoncé ?

Le label est géré par l’association Pro France et est décerné par le Bureau Veritas, numéro un mondial de la certification. C’est un label récent puisqu’il est entré en phase de déploiement il y a tout juste deux mois. C’est également le cas pour le label AQPV créé cet été par le gouvernement « pour se rattraper » des dommages qu’ils ont causés à la filière en début d’année 2011 avec le moratoire. Mais ces deux labels sont différents en plusieurs points. Contrairement à « l’origine France Garantie », l’AQPV est uniquement limité à la certification des modules photovoltaïques. Il est d’autre part extrêmement complexe à obtenir alors que celui retenu par Cofam Energy répond à un cahier des charges simple et précis. Je peux vous donner un exemple concret : plus de 50 % de la valeur ajoutée doit être obtenu en France. Cependant, le gouvernement a fait preuve de bonne volonté en lançant le label AQPV et c’est une bonne idée pour promouvoir des produits de meilleure qualité et Français.

Quelle est la situation actuelle de la filière photovoltaïque et comment appréhender-vous l’avenir?

Je ne vous cache pas que la situation est difficile depuis le moratoire du début d’année. Il y a eu une tergiversation générale de la filière. Mais je ressens tout de même une amélioration de la visibilité ces derniers temps. L’intégration de panneaux est une niche qui est moins exposée aux aléas et à la concurrence et j’en suis un acteur essentiel. Pour ce qui est de l’avenir, je le vois positivement car il tend vers moins de nucléaire et donc un recours plus fort aux énergies renouvelables dont le photovoltaïque apparaît comme une solution sérieuse et mature.

Origine France garantie

Avec une concurrence de plus en plus forte sur le marché, l’innovation est-elle la clef pour conserver ses parts de marché, voir en gagner ?

C’est effectivement l’innovation qui nous fera gagner des parts de marché. Chez nous, l’innovation s’est traduite par un dépôt de brevet en 2010 et deux cette année.

Comment percevez-vous l’accueil de vos produits par le marché français ?

Nous sommes un acteur assez ancien donc nos produits jouissent d’une bonne reconnaissance et sont bien perçus d’autant plus que je suis un acteur local de la filière.

La Chine investit massivement dans la production de ces nouvelles technologies, pensez-vous qu’il soit possible en France de conserver durablement un avantage compétitif ?

Pour rester compétitif, il faut savoir adopter une marge plus raisonnable et cela fait d’ailleurs partie de notre choix stratégique. Il faut accepter de faire moins de marge pour servir son marché. Et grâce à ce choix, nous proposons un produit de qualité tout en assurant une proximité avec notre clientèle. Nous pouvons donc être réactif contrairement à nos concurrents qui vont mettre deux mois à réagir si le produit vient de Chine par exemple.

Pensez-vous que la politique gouvernementale française et Européenne encourage suffisamment le développement de ces énergies renouvelables ?

Le grenelle de l’environnement a été une bonne chose car il a aidé les filières du renouvelable à se développer. Contrairement à l’Allemagne qui a une grande expérience dans ce domaine, la filière française est nouvelle. Il existe une crainte de la part du gouvernement qui est non justifiée, il faut restaurer la filière. Elle était pourtant bien lancée il y a 3 ans mais il y a eu 15.000 licenciements depuis le début de l’année. Au niveau Européen, il serait bien entendu intéressant de créer un axe Franco-Allemand grâce à une politique Européenne commune.

Attendez-vous des changements suite aux présidentielles de 2012 ?

Oui, on compte sur une politique d’ouverture de la part du nouveau gouvernement qui sera en place après les élections. Nous sommes prêts à tourner une page et rouvrir les négociations. Il faudrait notamment revoir certaines réglementations trop contraignantes. Mais l’idéal serait de créer une politique Européenne du solaire afin de devenir leader et de ne plus subir la concurrence venue d’Asie.

« Nous pouvons exporter notre French Touch sur d’autres continents »

A moyen terme, comptez-vous exporter vos produits et votre savoir-faire en dehors de l’Europe et pourquoi pas vous développer dans des pays à forte croissance (Ex. BRIC : Brésil, Russie, Inde, Chine)?

Nous exportons déjà dans certains pays d’Europe mais aussi aux Etats-Unis où nous souhaitons nous développer rapidement. Il existe de l’autre côté de l’Atlantique des opportunités notamment dans l’état de Géorgie où des politiques courageuses en faveur des énergies renouvelables se multiplient. Nous avons un avantage technique et qualitatif par rapport à nos concurrents, nous pouvons ainsi apporter notre « French Touch ». Aux USA, très peu de systèmes sont intégrés aux bâtis car il n’existe pas encore de réglementation particulière mais cela est en train de changer.

Quelles seront vos prochaines innovations technologiques?

Nous devons déjà nous préparer à l’intégration de la nouvelle norme 2012 qui oblige d’installer les panneaux photovoltaïques à plus de 20 mm de hauteur par rapport à la charpente. Mais les innovations technologiques viennent davantage des panneaux qui sont toujours plus puissants et larges. Ils ont actuellement une puissance de 250 Watts alors qu’il y a encore 18 mois les panneaux étaient de 185 W. Nos solutions d’intégration doivent donc s’adapter à ces nouvelles caractéristiques techniques. Mais la prochaine grande évolution sera des panneaux sans cadre aluminium, donc de nouveaux kits d’intégration sont à prévoir.

S’adapter en permanence au marché si fluctuant du solaire est primordial, quelles sont selon-vous les autres capacités à développer pour perdurer ?

Comme je viens de l’illustrer, il faut être en veille permanente par rapport à la technique qui évolue constamment mais aussi être en phase avec la réglementation. L’autre capacité à développer est la flexibilité. Il faut savoir accompagner nos clients dans un environnement si changeant. D’ailleurs nos systèmes s’adaptent aux panneaux français mais aussi étrangers.

Quels conseils pouvez-vous donner à l’ensemble de la filière?

Il faut revitaliser le solaire en encourageant les entrepreneurs Français à relancer une véritable filière du photovoltaïque afin de créer des emplois et de pérenniser l’activité et d’en devenir leader au même titre que l’Allemagne. J’encourage les autres acteurs à s’engager dans une démarche de reconnaissance de qualité, que ce soit avec le label « Origine France Garantie » ou un autre.

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20 Commentaires pour cet article :

1.  Le 09/11/2011 à 15h34, red2 a dit :

Depuis le dépôt de bilan de photowatt la semaine dernière le photovoltaïque français n’existe plus RIP. Tout les autres acteurs se fichent du monde et ne font que de l’assemblage de cellules solaires fabriquées en Chine ou en Allemagne. Pour faire une analogie facile c’est un peu comme les magasins de sport qui font le montage de vélos fabriqués en Asie peut on réellement parler de made in France dans ce cas? un vaste foutage de gueule oui… Et en attendant ça bouffe des subventions qui pourraient servir à la mise en place d’une vrai filière industrielle, mais quand un requin a mordu il lâche rarement sa proie.

2.  Le 14/11/2011 à 11h13, Clément Blasco a dit :

Bonjour Red2,
Je suis d’accord avec vous mais dans le cas de COFAM Energy qui est un concepteur de solutions d’intégration de panneaux et non un fabricant de panneaux photovoltaïques, les produits vendus sont fabriqués en France. Pour ce qui est des panneaux, la situation est effectivement dramatique avec plus aucun vrai fabriquant français depuis le dépôt de bilan de Photowatt. La filière française du photovoltaïque a perdu une bataille mais pas la guerre, on l’espère!

3.  Le 01/12/2011 à 12h16, NOEL a dit :

Bonjour,
Ayant crée au début des années 1980 un bureau d’ étude particulièrement axé sur le développement d’ appareillages électriques et électroniques électrosolaires destinés à des sites isolés ( Afrique surtout), je suis un peu surpris de l’engouement actuel pour l’ énergie photovoltaïque.
En juillet 2010, le gouvernement français a présenté un plan pour l’atteinte de 23% d’énergie d’origine renouvelable. Celui-ci prévoit 5400 MWc d’énergie photovoltaïque pour 2020 (soit 54.000.000 m² de capteurs de technologie actuelle Sicr !!)
Si l’on considère que un générateur de 1 kWc produit à peu près en moyenne en France 1 MWH/AN, le projet de 5400 MWc pour 2020 fourira donc 5,4 TWH/AN , à peine 1% de la production électrique française actuelle (en 2011).
Dans la mesure, en outre, ou un générateur photovoltaïque nécessite pour sa fabrication environ 40 % de l’énergie qu’ il produira durant toute son existence (moyenne française), l’ utilisation du photovoltaïque dans le MIX électricité est elle économiquement envisageable ou même possible ?
Quel coût pour l’ achat et la mise en place de ces 5400 MWc ?
Quel coût pour le démantèlement des installations et leur recyclage tous les 25 ans environ ?
Ne pas perdre de vue aussi que la production des lingots de silicium nécessaires à la production des panneaux photovoltaïques est l’ une de plus polluantes qui soit.

4.  Le 05/12/2011 à 11h00, Clément Blasco a dit :

Bonjour Monsieur NOEL,
Les questions soulevées dans votre commentaire sont tout à fait légitimes. Tout d’abord, le mix énergétique de l’électricité en France, c’est environ 80 % d’énergie nucléaire à l’heure actuelle. Les énergies renouvelables : 8 % hydraulique et 5 % éolien. Le photovoltaïque est peu représenté en terme de volume dans ce mix mais plusieurs effets de leviers existent afin d’augmenter sa part d’ici à 2020 ainsi que pour réduire son coût et son impact environnemental. Premièrement, la France avec les objectifs fixé par le grenelle de l’environnement espère réduire sa consommation énergétique globale. Avec donc 5400 MWc d’énergie photovoltaïque pour 2020, la part ne sera donc plus de 1% mais beaucoup plus importante. Quant au prix, avec l’explosion de la demande en panneaux solaires, les prix baissent grâce aux économies d’échelle. Le coût pour l’ achat et la mise en place de ces 5400 MWc est donc difficile à prévoir et évaluer car il est vrai que le solaire n’est pas encore rentable. Mais avec l’augmentation constante du prix des énergies non renouvelables et de la baisse des coûts de production des panneaux, l’énergie solaire sera compétitif dans un futur très proche.. Son impact environnemental est effectivement un autre défi à relever pour la filière. La solution est surement dans les nouvelles technologies de panneaux toujours plus efficaces et efficients. Le silicium sera donc probablement remplacé par des matériaux moins polluants et plus abondants. Enfin le smart grid est un autre levier technologique afin de rendre plus crédible et efficace l’énergie photovoltaïque. Toutes ces solutions doivent être portées par une politique courageuse vers une transition énergétique sobre en carbone. Et les particuliers en seront aussi les principaux acteurs de ce changement. Cordialement.

5.  Le 05/12/2011 à 15h40, Noel a dit :

Bonjour Clément Blasco,
Merci de bien vouloir reconnaitre la légitimité de mes remarques.
J’ai pris connaissance avec intérêt de vos certitudes, fort sympathiques au demeurant mais faites d’espoir et d’hypothèses assez floues. Elles ne sont appuyées par aucun chiffre ce qui gène un peu il est vrai mon esprit assez cartésien. Si j’indique que la part des 5400MWc de photovoltaïque apporteront à peine 1% de l’ énergie électrique, c’ est à la suite d’un calcul fort simple et non contestable dont vous avez pris connaissance. Pouvez vous m’indiquer votre méthode de calcul vous permettant d’annoncer beaucoup plus de 1%? Combien en fait ?
La mise en service d’équipement photovoltaïque est payé en partie par l’ impôt (Contribution au dervice public) prelevé sur les factures EDF (2 Milliards), en partie par cette même administration, 3 milliards sur les comptes de cette même ED. Je citerai pour mémoire les crédits d’ impôt-cadeaux non négligeables.
Si les techniques de type smart grid ont un intérêt à ne pas négliger, je doute que cela change fondamentalement la perspective du photovoltaïque. Quant aux nouvelles technologies, toujours plus efficaces comme vous le dites gentiment, pouvez vous m’ apporter plus de précisions car je n’ ai pas connaissance de nouveautés significatives sur le sujet susceptibles de bouleverser la donne. Des substances telles que l’arséniure de gallium sont très supérieures au silicium au niveau du rendement. Elles sont malheureusement tellement coûteuses, dangereuses et polluantes qu’elles ne peuvent être utilisées qu’à la marge (Satellites).
Les panneaux et cellules photovoltaïques sont importés à 100%. Notre balance commerciale déja ultra déficitaire a t-elle besoin de cette charge supplémentaire?
Tout ceci pour se demander si le photovoltaïque est une solution raisonnable pour notre pays. Ne faudrait-il pas favoriser l’atome que les ingénieurs et scientifiques français connaissent bien ?

6.  Le 05/12/2011 à 16h30, Clément Blasco a dit :

D’une part, mes calculs et prévisions sont effectivement moins pragmatiques car fondés sur des hypothèses. Votre approche est basée sur des valeurs figées dans le temps, concrètement avez-vous une idée de la quantité d’énergie que l’on produira en 2020? De mon avis, cette quantité sera différente d’aujourd’hui donc les 1% est une donnée bien trop faible mais je ne préfère pas m’avancer sur un chiffre précis. D’autant plus qu’à ce même horizon 2020, la filière veut quadrupler les objectifs fixés par le gouvernement, soit un seuil de 20 GW. Comment ? En juin 2007, le coût d’achat d’un panneau solaire oscillait entre 3 et 3,20 euros par watt. C’est désormais entre 0,60 et 0,80, et probablement 0,50 dès l’année prochaine. La baisse des coûts est inévitable et facilitera son développement. Prenons l’exemple de l’Allemagne avec 7 GW ou 7.000MW de puissance photovoltaïque en 2010 alors que leur taux d’ensoleillement est inférieur à celui de la France.
D’autre part, dans une situation post-fukushima (le Japon a été de nouveau contraint d’arrêter un réacteur, seulement 9 sont encore actifs sur les 54) où il est devenu impératif de diminuer la part du nucléaire dans le mix énergétique français. L’atome a été favorisé depuis la fin de la seconde guerre mondiale, voilà pourquoi il était devenu si rentable ces 20 dernières années en France. Favoriser l’atome à l’heure actuelle ne serait plus raisonnable. Trois raisons à cela : -la plupart ne veut plus du nucléaire , -l’atome français ne s’exporte plus (preuve : l’EPR), -persister dans notre « excellence atomique » serait devenir sectaire et afficher une rupture totale avec les autres pays de l’UE et du reste du monde.
Mais cependant je suis d’accord avec vous, la filière photovoltaïque doit favoriser les produits français afin de pérenniser l’activité et c’est d’ailleurs le fond de mon article. Pour finir, l’énergie solaire n’est pas La solution, mais une solution parmi tant d’autres afin de tendre vers un monde moins dépendant des énergies fossiles.

7.  Le 06/12/2011 à 12h35, noël a dit :

Mr BLASCO bonjour,
Je n’ ai semble t-il pas obtenu de réponse à certaines de mes questions. Ce n’ est pas grave. Quoiqu’il en soit, et compte tenu de votre activité, je n’ ai en aucune façon cherché à vous convaincre mais simplement à exprimer un point de vue.
Je suis toutefois très heureux de ces échanges via internet et vous souhaite bien entendu, sinon bon vent, du moins beaucoup de soleil pour un avenir assez incertain et même quelque peu préoccupant, en particulier pour nos descendants qui, il faut l’ espérer, disposeront de suffisamment d’ énergie, personnelle et «électrique», pour résoudre les problèmes qui se présenteront à eux.
Bien cordialement.
POUR INFO : pour rassurer certains esprits craintifs, j’ ai reçu il y a quelques décennies une dose d’ irradiation cumulée sur quelques mois de 1,2 Sv (1200 mSv) et, à nettement plus de 70 ans, me porte comme un charme et ne coûte pratiquement rien à la sécu.

8.  Le 06/12/2011 à 15h52, Clément Blasco a dit :

Bonjour,
Il est tout à fait légitime d’exposer votre point de vue et je suis également heureux de pouvoir débattre de ce sujet. Mon but avant tout est de pouvoir vous exposer un avis le plus objectif possible, car notre métier c’est avant tout d’être indépendant . Dans mon précédent message, j’ai essayé de répondre à toutes vos questions et remarques. Cependant il est vrai que pour la construction d’un panneau, son impact environnemental reste difficile à évaluer. D’autant plus que si l’on est pessimiste, aucune évolution n’est possible et la fabrication d’un produit restera toujours polluant. Je suis optimiste et j’ose croire à un bond technologique qui nous libérera définitivement de ces énergies fossiles totalement dépassées. Et j’ose également espérer que nos descendants auront non pas suffisamment d’énergie, mais suffisamment de génie pour s’adapter.
Je suis heureux de vous savoir en bonne santé après une telle dose d’irradiation. Malheureusement d’autres n’ont pas eu cette chance, a commencer par le directeur de la centrale de Fukushima. Cordialement.

9.  Le 11/12/2011 à 13h02, Alain FELER a dit :

Si je comprends bien l’article et les échanges très instructifs entre Noël et Clément Basco qui le suivent (qu’ils en soient remerciés tous deux), le label « Origine France Garantie (R) » fait ses premiers pas dans la vie en … trompant lourdement ceux qu’il est fait pour rassurer, puisqu’il fera croire à tout un chacun que l’installation solaire qu’il achète est « made in France » alors que ce ne sera pas vrai des panneaux, qui en sont quand même l’élément principal, le plus coûteux, et le plus lourd tant par son poids (transporté depuis la Chine) que par son impact écologique.
Entre le solaire qui n’est rentable que si on pique les impôts du voisin, la méthanisation qui requiert la moitié des terres arables de Bretagne (où j’habite) pour produire ce qu’on pouvait espérer de la centrale de Plogoff (1000 hectares pour 2 MW), le géothermique où on facture 1000 euros le mètre de trou de 15cm de diamètre, l’éolien que je ne sais quel lobby a rayé de la carte avec la règle des 500m autour des habitations, et le nucléaire qui nous rassurait avec ses 1 accident/100.000 années/réacteur, descendus sans fanfare à 1/2500 avec Fukushima, je trouve que l’effort numéro 1 à engager serait dans des progrès démocratiques, qui feraient qu’on puisse croire ce qu’on nous dit !

10.  Le 12/12/2011 à 11h47, Clément Blasco a dit :

Bonjour Alain,
Vos interrogations sont tout à fait légitimes cependant la démarche de Cofam Energy a pour but premier de fédérer les acteurs du solaire autour d’un même défi : rendre le photovoltaïque français compétitif tout en diminuant son impact sur l’environnement. Contrairement à votre affirmation, ce label ne va pas tromper lourdement l’acheteur. Je pense qu’au contraire, le fait d’apposer ce label sur les kits d’intégration que propose l’entreprise permet de souligner le point noir de la filière : une majorité des panneaux sont effectivement originaire de Chine. L’acheteur devrait donc exiger à la vue de ce label des produits fabriqués en France pour l’ensemble de son installation. Je vais ainsi dans votre sens : le consommateur doit se responsabiliser et prendre conscience de l’impact de ses achats sur l’environnement et l’Homme. Ceci est un progrès démocratique.

11.  Le 18/12/2011 à 14h21, Alain FELER a dit :

Merci pour votre réponse, mais je ne vois pas en quoi « le fait d’apposer ce label sur les kits d’intégration que propose l’entreprise permet de souligner le point noir de la filière : une majorité des panneaux sont effectivement originaire de Chine » comme vous l’indiquez.

Une personne qui verra une étiquette « origine France garantie », à moins d’avoir lu votre article, croira tout bonnement que c’est du « made in France », et sera donc *trompée*, il n’y a pas d’autre mot. Je vous mets d’ailleurs au défi de trouver un mot qui qualifie mieux la situation !

Cordialement.

12.  Le 19/12/2011 à 13h14, Clément Blasco a dit :

Je pense que le consommateur doit avant tout chercher l’information. Effectivement, si c’est une personne mal informée et ou ne portant peu d’intérêt à l’origine du produit, elle peut à juste titre être induite en erreur. Il en va de la responsabilité de chacun de vérifier la provenance de son installation qu’il gardera près de 30ans. La démarche de COFAM Energy est je répète, une reconnaissance du savoir faire français qui pourrait être étendu à un nombre beaucoup plus important de produits. Mais le relocalisation et la réindustrialisation est un autre débat. Cordialement.

13.  Le 20/12/2011 à 22h23, Noel a dit :

La Sté d’économie mixte E.S.T.E.R. montée par la région Poitou-Charente (Mme ROYALE), la Sté Solaire-Direct, plus quelques autres intervenants, désirent produire annuellement en photovoltaïque environ 90 Millions de MW/H (équivalent à 10 réacteurs nucléaire), ce qui représente la production d’ un générateur P.V. de 90 Millions de Kwc. Le prix d’ un générateur P.V. se situant aux alentours de 1 € le Wc, le coût de cet équipement représentera la modique somme de 90 Milliards d’€ et autant donc pour notre balance commerciale extérieure qui ne peut supporter cette énorme charge. Le projet E.S.T.E.R. est donc d’ autant moins sérieux qu’ il représente moins de 2% des besoins électriques Français.

14.  Le 02/01/2012 à 10h19, Clément Blasco a dit :

Bonjour Monsieur Noel,
Comme son nom l’indique, le projet E.S.T.E.R. reste de l’ordre du théorique à l’heure actuelle. Cependant, il a le mérite de ne pas impacter notre balance commerciale extérieure. En effet, un des objectifs du projet est de fabriquer les panneaux photovoltaïques en France.

15.  Le 02/01/2012 à 18h34, Rodolphe a dit :

C’est assez NAVRANT de lire des commentaires qui sont en dehors de la réalité…Ca prouve bien que le français sait colporter des infos sans les vérifier ! Vive les ragots et la désinformation ET le nénisme à tout va sur tout ce qui est nouveau et vous oblige à changer de mode de vie (que vous le vouliez ou pas vous aller y passer !).
Je voudrais juste dire ceci :
- le PV, que ça vous plaise ou pas, sera une énergie principale de l’Europe en 2030.
Les experts de l’AIE estiment qu’on aura entre 20 et 30 % de notre électricité en Europe à partir du PV et ce pour 2050. Et les Chinois commencent à installer massivement CHEZ eux !
- Photowatt n’est pas encore mort ET il y a plus de 6 autres fabricants (!) de modules PV en France ! SILLIA (en Bretagne), VOLTEC en Alsace (avec cellules AUTRICHIENNES !!), AUVERSUN (Auvergne), Fonroche, Tenesol (EDF-Total) (cellule Photovoltec de Belgique : usine de 300Mw/an de cellules 50% TOTAL,50% GDF Suez !), etc..
Effectivement, PhottoWatt est le SEUL à maîtriser toute la chaîne depuis le silicium (il fabrique SES cellules). Les autres importent de la cellule.
Mais il faut faire un parallèle avec les frabricants de voitures ou d’electro ménagers où les composants électroniques sont tous d’asie (Singapour, Taïwan, Chine), de Mexico ou de Madagascar depuis plus de 30 ans ! Vous pouvez acheter une TV Bang & Olufsen (marque allemande prestigieuse) et les composants dedans sont asiatiques !
Ca n’empêche que les fabricants de modules PV (avec cellulles étrangères) sont BIEN des fabricants FRANCAIS qui donnent du boulot à des centaines de Français !!
Donc je vois pas en quoi ça vous pose un problème !
- Oui effectivement les technos CIS, CISG, et autres couches minces contiennent des métaux lourds ou substances polluantes pas faciles à séparer.
Mais 90% du marché est avec du cristallin (silicium) et là dire que le silicium est polluant, c’est du grand n’importe quoi ! C’est un produit naturel qui se trouve en abondance dans le sable ! Et les procédés de fabrications sont proches pour les WAFER de ceux pour graver des micro-processeurs. C’est pour cela que les asiatiques deviennent maîtres de la cellule car ils ont depuis 30 ans tout le savoir-faire pour réaliser les chips qui vont dans vos bidules électroniques, qui eux ne servent à rien, sont polluants à recycler et consomment de l’énergie …
donc faut bien réfléchir avant de parler d’un sujet qu’on ne maîtrise pas !!
J’ai 5655 Wc sur ma maison et ça produit 6270 kWh / an et j’en consomme 3200 / an.
Le bilan est largement positif et si tout le monde faisaient comme moi, on aurait PLUS besoin de construire toujours plus de centrales polluantes et/ou dangereuses !!
Ah oui, faut se serrer la ceinture et ne pas partir en vacance. Et ne pas non plus acheter le dernier i-machin…. Alors c’est dur hein, messieurs les cracheurs dans la soupe de la société de consommation !

16.  Le 02/01/2012 à 19h09, Clément Blasco a dit :

Bonjour Rodolphe,
Merci pour votre contribution. Effectivement la quasi-totalité des composants électroniques ne sont pas fabriqués en France. On ne peut exiger des panneaux photovoltaïques des composants 100 % français alors que par exemple une voiture dite « française » ne l’est pas à 100 %. Et puis vous avez raison, avant de penser à produire de l’électricité, pensons à trouver des solutions pour ne pas la consommer ! Logique non ?

17.  Le 02/01/2012 à 20h21, noel a dit :

PHOTOWATT a sombré en produisant du PV à 1,5 € le Wc pourtant déjà en deçà de la rentabilité. A ce prix, un projet de type ESTER ( 90 millions de Kwc ) coûterait 135 Milliards d’ € (produisant 90 millions de MW/H) en ne tenant compte que de la seule fourniture des panneaux P.V. !! Rajoutant à cela le coût de l’installation proprement dite, raccordements et autres, nous arrivons donc à un prix de production compris entre 1,2 € et 1,5 € le KW/H, amortissements et démemtellement non compris. Sans commentaire !!
Tant qu’ il n’ y aura pas de véritable innovation technologique améliorant d’un facteur 5 à 6 au moins les performances actuelles du Sicr, à performance économique identique, la production d’énergie électrique par le PV ne pourra être une production de masse. A cemoment là, oui, il sera possible de considérer le nucléaire comme une industrie de complément, de lissage pour être précis..

18.  Le 03/01/2012 à 10h32, Clément Blasco a dit :

Qu’est ce que vous entendez par production de masse ? Produire des GW/H d’électricité pour alimenter nos besoins illimités en installant des chauffages électriques sans raison et alimenter nos gadgets électroniques toujours plus nombreux comme l’a souligné Rodolphe ? Le nucléaire a permis de produire une électricité peu chère lorsque l’on se réfère à son coût d’exploitation mais beaucoup moins rentable lorsque l’on pense aux déchets produits et aux démantèlements des centrales .. L’électricité était devenue bon marché et le gaspillage fréquent. Alors oui, à l’heure actuelle le solaire à un prix plus élevé sur le court terme mais il appel à une remise en question de nos consommations. Nous devons désormais faire appel à notre intelligence collective pour assurer une transition énergétique nécessaire (les raisons sont évoquées dans les précédents messages). Je ne reviens pas sur le point de l’avancé technologique du photovoltaïque qui est une évidence. Comparez cette technologie à l’informatique et vous comprendrez que dans quelques années nous atteindrons des rendements proche des 80 % (A l’heure actuelle : 20 %) et rendra donc le photovoltaïque beaucoup plus rentable sur des surfaces toujours plus petites.

19.  Le 03/01/2012 à 12h48, noel a dit :

Si personne ne peut s’opposer sérieusement à une réduction des gaspillages permettant une moindre consommation d’électricité, il me paraît irréaliste de raisonner de façon franco-française, sachant que la population mondiale augmente régulièrement, pour l’ instant du moins, entrainant des besoins en électricité proportionnels, ne serait-ce que pour les centaines de millions de nouveaux logements nécessaires aux humains. J’entends par production de masse la mise en place de projets de type ESTER ou NEGAWATT : des installations de quelques millions de KWc pour une production d’autant de MW/H. Vous faite preuve d’ un optimisme quelque peu excessif lorsque vous indiquez 20% de rendement pour la moyenne des générateurs P.V. Sicr manufacturés actuellement dans le monde : 12 à 15 % max. sont plus prêts de la réalité si j’ en crois les renseignements obtenus actuellement, confirmés par quelques mesures personnelles. Dans la mesure où depuis le début de l’industrialisation véritable du PV au début des années 80, le rendement de la technologie utilisée actuellement n’a guère évoluée, il est tout à fait irréaliste de penser arriver à des rendements de plus de 20 %.
Vous rejoignez d’ ailleurs parfaitement mon point de vue lorsque vous évoquez le besoin de rendements de 80% et +: j’ai cité dans un précédent message le besoin d’une amélioration d’un facteur 5 à 6 des rendements actuels à partir desquels le PV détronera indiscutablement le nucléaire. Mais par quel procédé et quand ? En attendant, il paraît indispensable de consacrer une grande partie des prélèvements et autres impôts spécifiques actuels, non pas à la mise en place d’équipements de production électrique obsolètes et coûteux (PV Sicr) mais à une recherche intensive sur de nouvelles technologies PV. En êtes vous d’ accord ?

20.  Le 04/01/2012 à 10h51, Clément Blasco a dit :

Sur le premier point, effectivement la population ne cesse d’augmenter et les besoins mondiaux en énergie augmentent puisque les populations aspirent au modèle occidental très énergivore. Voilà pourquoi les émissions de CO2 n’ont jamais été aussi intenses ces dernières années notamment à cause du grand retour du charbon ! Il faut effectivement une production de masse pour subvenir à ces nouveaux besoins. Mais imaginez un monde où 7 milliards d’individus consommeraient autant d’énergie que les occidentaux… Il n’y aurait alors pas « seulement » 435 réacteurs nucléaires dans le monde mais des milliers, et donc un risque nucléaire démultiplié.. D’où le choix de l’ONU d’avoir déclaré 2012 comme année internationale de l’énergie durable pour tous. Effectivement, le gouvernement français doit subventionné la recherche pour les nouvelles technologies solaires .. d’autant plus que la concurrence est rude lorsque l’on regarde les budgets alloués à la recherche dans les différents pays. La France doit rester dans la course.. et la compétition a toujours été un élément moteur pour les avancés technologiques. Mais là où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est que le gouvernement doit continuer la mise en place d’équipements de production photovoltaïque en particulier pour les maisons individuelles. Une installation solaire de 3KWC est suffisante pour subvenir aux besoins en électricité d’une habitation (de type BBC ou BEPOS). L’avenir est dans la construction ou la rénovation des bâtiments moins énergivores. Mais effectivement, pour la production de masse, la technologie doit être améliorée.. et des rendements supérieurs à 20 % seront possible dans quelques années.

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