L’électricité éolienne et solaire moins chère que le nucléaire ?

Article publié le 24 juin 2014 par

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L’électricité éolienne et solaire moins chère que le nucléaire ?

L'électricité éolienne et solaire moins chère que le nucléaire ?
Les consommateurs français bénéficiaient jusqu’à présent d’un prix de l’électricité très bon marché, comparé à nos voisins européens. Cet avantage ne pourrait pourtant pas durer selon Greenpeace. L’ONG écologiste a, en effet, prédit des hausses des prix du kilowattheure liées à l’allongement de la durée de vie des centrales. Ces augmentations feraient des énergies renouvelables, telles que le solaire et l’éolien, des alternatives plus intéressantes que le nucléaire.

Le nucléaire, quand les prix grimpent

Le nucléaire a toujours été un sujet sensible en France et qui divise les foules. Les écologistes pointent du doigt la sûreté des centrales qui n’a pas été sans failles mais aussi les impacts sur l’environnement du nucléaire. Les pro nucléaires, quant à eux, mettent en avant l’apport financier des centrales. Selon eux, le nucléaire s’inscrit comme l’un des piliers de l’économie française en assurant une production d’énergie économique.

Une étude réalisée par Greenpeace a évalué les futurs coûts de production du nucléaire lorsque les centrales seront exploitées plus de 40 ans. Cet allongement de la durée de vie des centrales est la volonté de nombreux politiciens et de lobbys nucléaires. Cependant, il nécessite d’importants investissements notamment pour assurer la sécurité des sites et atteindre le niveau de sûreté des nouveaux réacteurs EPR.

Selon la Cour des Comptes, la rénovation de l’ensemble du parc nucléaire français coûterait plus de 90 milliards d’euros. Ainsi, l’ONG a chiffré le coût moyen de production d’une ancienne centrale rénovée à 133 €/MWh, tandis que le prix du mégawattheure produit par une centrale lambda était d’environ 59,8 € en 2013. Ce coût ne fait qu’augmenter car EDF répercute déjà les investissements nécessaires à la rénovation des centrales vieillissantes. Ainsi, le tarif du mégawattheure a subi une hausse de plus 20 % car il était de 49,6 € en 2010.

L'électricité éolienne et solaire moins chère que le nucléaire ?

Les énergies renouvelables, des alternatives économiques

Face à ces hausses, les énergies renouvelables sont apparues comme des solutions plutôt intéressantes. En effet, le développement de ces énergies a fait baisser leur coût de production. Auparavant considérées comme inaccessibles, les énergies renouvelables apparaissent désormais comme des alternatives compétitives.

Le principal frein au développement des énergies renouvelables dans le mix énergétique français est principalement financier. En effet, le coût de l’investissement a longtemps été trop important, il était donc plus simple et plus économique de conserver une logique nucléaire. Cependant, la plupart des centrales françaises arrivent en fin de vie, et les travaux de rénovation nécessaires à l’allongement de leur utilisation nécessitent un investissement d’autant plus grand.

L’éolien terrestre, par exemple, a vu ses coûts de production baisser considérablement. Actuellement, un mégawattheure coûte en moyenne entre 40 et 80 €. Ainsi, dès aujourd’hui, l’éolien terrestre est une solution plus économique que le nucléaire. Le solaire, lui, ne s’inscrit pas encore comme une énergie compétitrice du nucléaire, mais cela ne saurait tarder. En effet, avec un coût de production actuelle d’environ 100 €/MWh, l’énergie solaire sera moins chère que l’énergie nucléaire d’ici 2018, selon Greenpeace.

Autre avantage des énergies renouvelables, et pas des moindres, leur mode de production n’a que très peu d’impact sur l’environnement. Elles s’inscrivent comme des solutions durables et responsables.

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7 Commentaires pour cet article :
1.  Le 24/06/2014 à 16h57, Verdoux a dit :

Pour la comparaison, cela dépend si on la fait avec le nucléaire ancien ou le nucléaire nouveau.

Pour ce dernier, avec l’EPR, il est clair que son électricité sera plus chère que celle de l’éolien terrestre et que celle du photovoltaïque dans le cas d’installations de 36 à 100 kWc.

http://energeia.voila.net/electri/cout_2016_pv_epr.htm

Pour le nucléaire ancien, ce sont les grandes installations qui pourraient le concurrencer dans quatre ans si leur tarif d’achat n’était pas 20% en dessous du raisonnable. Ce qui a été fait sciemment fin 2012 pour empêcher toute réalisation de fermes solaires.

En Allemagne, le tarif d’achat est déjà descendu à 9 centimes le kWh pour une centrale au sol et à 11 centimes le kWh pour une installation entre 40 et 1.000 kWc (mise en service en juin 2014).

2.  Le 30/06/2014 à 15h16, Verdoux a dit :

Pour la comparaison, cela dépend si on la fait avec le nucléaire ancien ou le nucléaire nouveau.

Pour ce dernier, avec l’EPR, il est clair que son électricité sera plus chère que celle de l’éolien terrestre et que celle du photovoltaïque dans le cas d’installations de 36 à 100 kWc.

http://energeia.voila.net/electri/cout_2016_pv_epr.htm

Pour le nucléaire ancien, ce sont les grandes installations qui pourraient le concurrencer dans quatre ans si leur tarif d’achat n’était pas 20% en dessous du raisonnable. Ce qui a été fait sciemment fin 2012 pour empêcher toute réalisation de fermes solaires.

En Allemagne, le tarif d’achat est déjà descendu à 9 centimes le kWh pour une centrale au sol et à 11 centimes le kWh pour une installation entre 40 et 1000 kWc (mise en service en juin 2014).

3.  Le 30/06/2014 à 16h45, Mathilde Chevallier a dit :

@Verdoux : L’ancien comme le nouveau nucléaire vont coûter de plus en plus cher, la tendance est mondiale. Il faudra bien répercuter aux usagers le coût croissant de la sécurité des centrales neuves ou de la remise aux normes post-Fukushima des anciennes, sans compter les coûts de démantèlement et de traitement des déchets qui n’ont pas été provisionnés aux niveaux nécessaires. Reste également une forte incertitude sur l’évolution future de ces coûts, qui ne réserve pas que des surprises heureuses. Rappelons aussi que les coûts réels de production du nucléaire ne sont pas publics en France, mais relèvent du secret d’Etat. Ces éléments ne plaident pas en faveur d’un regain de compétitivité de la filière nucléaire.

4.  Le 17/08/2014 à 10h24, ITC78 a dit :

Même si les coûts baissent, l’éolien est inutile, et pour réduire les gaz à effet de serre et pour, ne serait-ce qu’imaginer, sortir du nucléaire.
Cette énergie intermittente doit impérativement être couplée à une production thermique et il faut donc comptabiliser les deux investissements qui seront chacun utilisés alternativement (Le thermique à 80% l’éolien à 20% pour une puissance installée donnée)
A l’expérience (source RTE eCO2mix), la production garantie de l’éolien est inférieure à 2% de la puissance installée (pas de foisonnement : quand il y a du vent il y en a partout, quand il n’y en a pas, il n’y en a nulle part en France)
Imaginer sortir du nucléaire, c’est ériger 2 500 000 (deux millions cinq cent mille) éoliennes de 2 MW soit 25.000 par département et si on réduit à 50% les départements utiles 50.000 par département. Compte tenu de la contestation qui se lève déjà, une révolution antiéolienne aura lieu avant la fin du chantier.
Réémettre plus de CO2 comme en Allemagne et garder 50% du nucléaire serait une situation des plus stupides.

5.  Le 17/08/2014 à 10h32, ITC78 a dit :

Personne ne s’insurge contre l’éolien en mer posé sur les hauts fonds qui représente une atteinte grave à l’écosystème marin côtier considéré comme hyper fragile.
Quant au coût, à plus de 200 € du MWh correspondant aux appels d’offre de l’Etat, il devrait être considéré comme un scandale financier.
Et en terme d’efficacité à peine plus performant que l’éolien terrestre (30 à 40% pour 23%).

6.  Le 25/09/2014 à 09h43, Mathilde Chevallier a dit :

@ITC78 : Le débat sur ces questions fait rage. Il nous semble pourtant qu’il devrait être possible d’installer de tels systèmes en mer sans perturber gravement les écosystèmes – ce que nous faisons déjà largement plus par ailleurs – la grande difficulté restant la possibilité d’acheminer vers la terre ferme l’électricité produite au large. La France dispose d’un potentiel offshore considérable, qui pourrait être exploité intelligemment, sans impact majeur à l’environnement et avec des coûts de production compétitifs, en contribuant à la conversion d’un parc nucléaire éminemment plus inquiétant et de plus en plus incertain quant à sa viabilité strictement économique. Les déboires commerciaux de notre industrie nucléaire à l’international sont instructifs sur ce sujet.

7.  Le 25/09/2014 à 09h45, Mathilde Chevallier a dit :

@ITC78 : Une révolution antiéolienne ? Car nous serions à ce point envahis ? Il faudra bien sortir un jour ce pays de l’idée d’une ressource unique et providentielle préconisée par nos grands corps d’ingénieurs : un semblant de débat plus démocratique sur les grands choix énergétiques nous semble plutôt souhaitable. Par ailleurs, la pointe de consommation annuelle est à 110 GW depuis 2012, pas à 5 000 comme semblent le dire vos calculs. Toujours est-il qu’une stratégie intégrant une part de modération et un peu plus de diversité dans notre mix énergétique est à l’œuvre dans beaucoup d’endroits au monde, pourquoi ne serait-elle pas possible en France ?

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