L’auto-réhabilitation accompagnée

L’auto-réhabilitation, une démarche visant à aider le particulier à réaliser lui-même des travaux de rénovation énergétique, ne fait pas l’unanimité. Le dispositif devait quitter le domaine du social et de la grande précarité pour mieux contribuer à la rénovation énergétique du parc immobilier français. Mais faute de consensus entre les principaux acteurs, le dispositif reste réservé aux ménages les plus modestes.

L’extension du dispositif

Ceux qui souhaitent réaliser, eux-mêmes, leurs travaux de rénovation énergétique dans leur logement ne seront malheureusement pas éligibles aux aides éco-conditionnées de l’Etat : l’éco-PTZ et le CITE. Il existe une solution : l’auto-réhabilitation accompagnée. Il s’agit de la rénovation énergétique d’un logement par ses occupants assistés par un accompagnateur professionnel.
La concertation a été lancée en 2013 par Cécile Duflot, qui était alors ministre de l’Egalité des territoires. Mais elle « n’a pas permis de définir de manière consensuelle les conditions du déploiement de l’auto-réhabilitation accompagnée au service de la rénovation énergétique de l’habitat ». C’est un échec qui s’explique par la réticence des professionnels et aussi par l’absence des ministères « les plus concernés », c’est-à-dire le ministère des Affaires sociales et de la Santé et le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, « en dépit des demandes réitérées qui leur ont été adressées ».
En 2013, l’Association nationale des compagnons bâtisseurs (ANCB) a adopté un plan de développement à cinq ans de l’offre d’accompagnement de chantiers d’auto-réhabilitation par des personnes cumulant des problèmes liés au logement et des problèmes sociales et économiques et pour qui l’engagement dans un projet personnel d’amélioration de leur cadre de vie est susceptible de leur redonner le goût et la capacité à agir et à décider par elles-mêmes. L’objectif du plan est de passer de 1.000 à 8.000 chantiers d’auto-réhabilitation à vocation très sociale par an, dont 4.000 interventions chez des propriétaires occupants au titre du Plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH).

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Progressivement, l’auto-réhabilitation accompagnée a quitté sa vocation sociale et est devenue « une pratique courante qui s’impose aux particuliers comme aux entreprises pour des raisons économiques ». Le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) juge « vraisemblable » un développement de cette pratique dans les années à venir. Pour cela, l’Etat doit se pencher sur des questions techniques et juridiques : l’extension de l’éligibilité des aides financières du PREH à certains travaux en auto-réhabilitation et le dispositif de validation des gains énergétiques réalisés en auto-réhabilitation.

Les professionnels sont réticents

Les trois organisations professionnelles des entreprises du bâtiment, CAPEB, FFB et Scop BTP, ont émis des réserves. La CAPEB et la FFB « s’opposent fermement au principe d’ériger l’auto-réhabilitation accompagnée comme une voie autonome et généraliste de rénovation énergétique des logements ». Elles considèrent que la pratique doit s’en tenir à son objectif social. La crainte principale est une concurrence déloyale qui entraînerait une baisse de l’activité pour les adhérents.
L’absence d’acteurs publics et l’opposition des professionnels du bâtiment ont stoppé la concertation ministérielle sur l’avenir de l’auto-réhabilitation. Le dispositif reste réservé aux ménages les plus modestes.

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