Augmentation du prix de l’électricité : la faute au photovoltaïque ?

compteur electrique Mise à jour : pour la période du 1er octobre 2011 au 31 décembre 2011, le tarif d’achat de l’électricité d’origine photovoltaïque est désormais de 0,4063 € / kWh.

Les récentes rumeurs relayées par les grands Quotidiens Nationaux font état d’une possible hausse du prix de l’électricité au 1er janvier 2011. Les ministres concernés par cette mesure confirment l’info du bout des lèvres, sans donner plus de détails. Tout ce que l’on sait pour l’instant est que cette augmentation serait la conséquence d’une hausse de la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE), passant de 4,50 € à 7,50 €/MWh.

Qu’est-ce que la CSPE ?

Instituée par la loi n°2003-8 du 3 janvier 2003, la Contribution au Service Public de l’Electricité est un prélèvement opéré sur la facture d’électricité du consommateur final. Elle sert à :

  • compenser les investissements des opérateurs d’électricité (principalement EDF) demandés par les politiques de soutien des énergies renouvelables ;
  • compenser les investissements de ces mêmes opérateurs dans les zones non-interconnectées au réseau national (principalement les îles comme la Corse, les DOM-TOM, Ouessant…) ;
  • financer le budget du médiateur de l’énergie.

Son montant est proposé chaque année au gouvernement par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE).

Les arguments avancés pour justifier cette hausse

L’amendement qui vient d’être accepté par le gouvernement avait été proposé par Michel Diefenbacher, député UMP du Lot-et-Garonne, afin de soutenir le développement des énergies renouvelables, et notamment le photovoltaïque. Cette proposition va dans le sens de la communication officielle de ces dernières semaines : le photovoltaïque coûte cher, trop cher. Il coûte cher à l’état, donc on baisse le crédit d’impôt pour le photovoltaïque (baisse immédiate pour éviter le rush de fin d’année). Il coûte cher à EDF, donc on augmente la CSPE. Bref, tout est fait pour faire porter le chapeau à l’énergie solaire dans l’esprit des consommateurs.

Mais quand on se penche de plus près sur l’usage de cette contribution, on s’aperçoit que le photovoltaïque est loin d’être le premier poste d’utilisation de la Contribution au Service Public de l’Electricité. Comme l’a relevé en septembre 2010 le Bureau d’étude Tecsol, la Commission de Régulation de l’Energie a indiqué que le photovoltaïque ne représentait que 5,7 % de la CSPE, contre 19 % pour le financement de l’éolien ou 1,9 % pour la biomasse. Un peu facile, donc, d’accuser le photovoltaïque de menacer l’équilibre de ce prélèvement, au point d’obliger le gouvernement à opérer cette augmentation drastique.

Se placer du bon côté des consommateurs

Si le gouvernement peut encore faire marche arrière jusqu’au 31 décembre 2010, il est probable que cette augmentation soit à présent inéluctable. Tant qu’à faire, mieux vaut alors être du côté des producteurs d’électricité photovoltaïque : la vente de votre production à 0,58 €/kWh (tarif subventionné le plus élevé au monde) vous permettra de compenser cette hausse attendue de votre facture d’électricité !

On en parle dans cet article

L’électricité

L’électricité est une énergie dont le prix ne fait qu’augmenter. Entre 2002 et 2012, elle a connu une hausse de 17%, ce qui fait de cette énergie la plus chère du marché !

Les panneaux solaires photovoltaïques

Les panneaux solaires photovoltaïques produisent de l’électricité lorsqu’ils sont éclairés par le soleil. L’électricité peut être revendue au réseau ou utilisée pour sa propre consommation.

En savoir plus

Vos réactions

22 Nov

Si j’ai bien compris, c’est encore ceux qu’on du fric pour investir dans le photovoltaique, qui touche des subventions, un prix d’achat du kwh interressant, et tous ça payé par les consommateurs qui ont du mal à joindre les deux bouts. C’est ce qu’on appel la solidarité, prendre aux pauvres pour aider les riches.

champion bernard
22 Nov

Bonjour,

La taxe payée par l’utilisateur ne concerne que peu le photovoltaïque, et la solidarité se joint à l’intérêt commun car rappelons-le, le but de cette politique environnementaliste est de faire baisser la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique. Chose dont nous allons tous bénéficier dans les années à venir.

Julien Nargeot
02 Déc

——–photovoltaïque: 20000€ pour produire 3000kw (au mieux par an)
++isolation+vmc double flux:10000€ pour economiser au moins 5000kw
+sans rien demander aux voisins la meilleure solution???????

d.falase
12 Déc

IL SERAIT TOUT A FAIT LOGIQUE QU’IL Y AIT UN MORATOIRE SUR L’ÉOLIEN.NE FONCTIONNE QUE 2 MOIS PAR AN.QUAND IL FAIT TRÈS FROID OU TRÈS CHAUD (ANTICYCLONE)LES ÉOLIENNES NE MARCHENT PAS ET CELA NOUS COUTE TRÈS CHER( l’éolien représente près de 20 % de la CSPE SUR NOS FACTURES EDF) CE SONT LES PROMOTEURS QUI ENCAISSENT DES PROFITS HORS DU COMMUN!!!!

LAURENT
13 Déc

d.falase,
votre calcul est faux:

photovoltaïque : investissement 19000€ – 3700€ ( sub régionale + départementale ) – 7500 ( crédit d’impôt 50% aujourd’hui à 25% ) = 7800 € pour un rapport annuel de 3000kw à 0.58€ soit 1740 €

isolation + vmc double flux : 10000€ – 1500€ ( 25% sur les matériaux isolants )= 8500 € pour une économie de 5000kw à 0.046€ ( tarif Kw gaz nat )= 230 €

Le retour sur investissement est donc de 4,5 ans pour le photovoltaïque et de 37 ans pour l’isolation + vmc double flux. Sans oublier la satisfaction de recevoir tous les ans un chèque EDF parce que une économie de 230€/ an dans un budget ça ne se ressent pas alors qu’un chèque de 1700 € cash c’est appréciable.

Non le vrai hic c’est que nos gouvernants ont calculé le crédit d’impôt plafonné à 8000€ sur une base tarif de 0.12€ le Wc installé soit 34000€ pour un 3000 W or les prix du marché ont baissé jusqu’à 0.6€ le Wc installé, l’aide publique était devenue disproportionnée et le placement trop intéressant pour le particulier.

Mon investissement de 7800€ devrait à terme me rapporter environ 30000€ sur 20 ans.

Gwemon
15 Déc

Bonjour Mr Nargeot
Ou vous êtes un naif, ou vous faites parti de ceux qui profitez du système, des niches, pour toucher les subventions les crédits d’impots, à des fins personnelles. Demandez à ceux qui touchent 450 par mois , aux smicarts, aux sdf, ou se situe la solidarité. Certain dépense 30000 euros pour du photovoltique, et d(autres vont au resto du coeur.

Cest la solidarité par vase communiquant. Quelle honte

Bernard Champion
15 Déc

Bonjour M. Champion,

Je ne suis ni naïf ni profiteur, mais je reconnais que la solidarité se joue à plusieurs niveaux. là où vous ne considérez que l’aspect social, je m’intéresse également aux aspects économiques et environnementaux qui constituent les piliers du développement durable. Faire baisser la part des émissions de CO2 d’origine humaine est bel et bien un acte solidaire envers les générations à venir. Pallier aux nécessités de ceux qui ont besoin de nous maintenant n’est pas une raison pour ne pas le faire pour ceux qui viendront après nous. C’est cette logique qui nous a mené à ce point de non-retour au niveau du réchauffement climatique.

Julien Nargeot
24 Déc

Voila les vrais chiffres de la filiere photovoltaique dans la lettre remise à la Ministre pas le groupe « TOUCHE PAS à MON PANNEAU SOLAIRE »:
Madame la Ministre,
Pour justifier le décret de moratoire qui prononce la mise en faillite de la filière solaire, vous avancez 5 arguments qui sont autant de contre-vérités colportées depuis trop longtemps.
1°/ 90 % des panneaux installés en France sont chinois : IMPOSSIBLE
La puissance installée totale au 30 septembre 2010 était de 614 MWc (source ERDF). La capacité de production française de panneaux était de 191 MWc à fin 2009 (source syndicat français des producteurs de panneaux). Si comme vous le prétendez 90 % des panneaux installés en France viennent de Chine où passent les panneaux français ? La France serait-elle devenue exportateur de panneaux sans que vos services du commerce extérieur ne l?aient remarqué ? Non, tout simplement les panneaux français sont installés sur notre sol national. Ainsi en septembre 2010 sur 166 MWc de fermes au sol 21 % étaient équipées de panneaux français (source le journal du photovoltaïque) et 20 % des toitures de plus de 100 kWc le sont aussi (même source). Et vous noterez que ces chiffres ne prennent en compte ni les panneaux de nos partenaires européens ? ni les 70 MWc installés avec des panneaux américains Firstsolar !
2°/ le photovoltaïque serait à l?origine de 2% du déficit de la balance commerciale française : IMPOSSIBLE
Le déficit de la balance commerciale française s?élève à 50,7 milliards sur les 12 derniers mois, vos services estiment donc le déficit du photovoltaïque à plus de un milliard. Au prix des panneaux chinois (1,2 €/Wc) ce sont 845 MWc de panneaux chinois qui auraient été importés en 2009. Or en 2009 le marché français était inférieur à 300 MWc !
3°/ Sur l’absence de créations d’emplois : FAUX
Plus de 24.000 emplois directs ont été créés par la filière photovoltaïque en moins de 5 ans dont 6.700 dans la filière industrielle (source Soler). Quand bien même la totalité des onduleurs et panneaux serait importée (ce qui nous l?avons vu est loin d?être le cas) la part des coûts d?installation réinjectée dans l?économie française via la main d??uvre et les systèmes d’intégration est de 22 % pour les petites toitures, de 30 % pour les toitures professionnelles et de 43 % pour les fermes au sol (source Exosun – Nov. 2010). La croissance progressive de notre capacité de production de panneaux nous permet d?estimer qu?aujourd?hui, plus de la moitié des investissements photovoltaïques est réinjectée dans l?économie française. Ces retours iront croissant au fur et à mesure que le prix des panneaux diminuera. Au delà du déploiement des générateurs, le dispositif de tarif d’achat finance également les 20 ans d’exploitation des installations, les exploitants étant des particuliers et des PME françaises qui consomment et embauchent en France.
4°/ Sur les objectifs du Grenelle qui seraient en passe d’être atteints : FAUX
Pour atteindre l’objectif de 23 % d’ENR à horizon 2020 la France doit mettre en ligne chaque année des moyens permettant la production de 16 TWh d?énergie finale. Si le photovoltaïque est plafonné à 500 MW, on ne réalise que 3 % de l’objectif. Avec 1000 MW d?éolien nous réalisons 15 % complémentaires. Avec 300 MW de biomasse nous ferons 10 % de plus. D?où vont venir les 72 % manquants alors que le marché des pompes à chaleur et du solaire thermique sont orientés à la baisse (source RTE) ? De la géothermie, des chauffages à bois des particuliers ou des biocarburants. Absurde.
5°/ Sur le coût du solaire qui entraîne l’augmentation de 5% de la facture d’électricité : IMPOSSIBLE
Pour 2010, la Commission de Régulation de l’Energie rappelle que le financement des énergies renouvelables (en grande partie pour l?éolien) pèse pour 24 % dans la CSPE quand la cogénération gaz pèse 32 % et la péréquation tarifaire 41%. Historiquement, ce sont bien la péréquation tarifaire et la cogénération gaz qui captent la plus grande partie de la CSPE. Et la décision récente de votre gouvernement de modifier les paramètres de calcul du Tarif de Première Nécessité ne fait que renforcer la charge de la première.

Un simple calcul démonte que : si aujourd’hui 1 GWc étaient raccordés avec une productivité moyenne de 1000 kWh/kWc/an (source ADEME), la production annuelle photovoltaïque serait de 1 TWh. Si l’ensemble de cette production était achetée au tarif intégré le plus élevé de 60 c€/KWh, le prix de gros étant de 43 €/MWh, la facture annuelle à imputer sur la CSPE serait de 0,57 Md€.
Les ventes annuelles d’électricité aux seuls « petits sites » (particuliers et professionnels en tarif bleu) ont été en 2009 de 22,5 Md€ (sources RTE et CRE). Aujourd’hui, le coût du photovoltaïque représent au maximum 2,5% (majorant absolu) des ventes au tarif règlementé pour le petits consommateurs.

Or, on sait qu’il y a nombre d’installations non intégrées, soit au sol, soit en toiture hors métropole ; on néglige les baisses de tarif appliquées depuis janvier 2010 et on considère que seuls les petis consommateurs (qui représentent seulement 42% de la consommation nationale) contribuent au financement. Enfin, sur la facture finale d’électricité du consommateur (Tarif bleu), il faudrait également réintégrer la part actuelle de la CSPE hors photovoltaïque, ainsi que la CTA (Contribution Tarifaite d’Acheminement) et enfin le prix de l’abonnement.

Au final, l’augmentation réelle de la facture d’électricité pour le consommateur n’est peut-être même pas supérieure à 1%…

Regismu
03 Jan

Merci de cet éclaircissement !

Julien Nargeot



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