[Interview Exclusive] Benoît Hamon sur la transition énergétique

Présidentielle 2017 : les propositions de Benoît Hamon

Quelle Energie souhaite interroger les candidats à l’élection présidentielle sur les thèmes de l’énergie et de l’environnement, afin d’éclairer nos choix à l’aube du premier tour.


La position du gouvernement impacte directement les citoyens dans leurs projets de rénovation énergétique. Quelles aides et subventions sont actuellement accessibles pour vos travaux ? Faites le test.


Benoît HamonCette semaine, Benoit Hamon (BH), le candidat socialiste répond aux questions de Quelle Energie (QE).

QE : A ce jour, que pensez-vous de la place de la question de la transition énergétique dans la campagne présidentielle ?

BH : La transition énergétique n’est pas traitée dans cette campagne à la hauteur de l’enjeu qu’elle représente. Elle n’est pour la majorité des candidats qu’une ligne dans leur programme, un supplément d’âme, presque une enluminure. La transition écologique et énergétique est au cœur de mon projet et irrigue l’ensemble de la société que je défends : énergie, transports, agriculture, biodiversité, je veux repenser en profondeur notre modèle.

QE : En quoi l’accord avec Yannick Jadot a-t-il enrichi vos propositions à ce sujet ?

BH : L’accord avec Yannick Jadot et les écologistes nous a permis de révéler les convergences qui existent entre nos projets et notre vision d’un futur désirable. Cela se retrouvaient dans nos programmes respectifs et se retrouve dans notre programme commun : sortie du nucléaire, sortie des énergies carbonées, développement des énergies renouvelables, fin du diesel, transports ferroviaire partout, par tous, plan de rénovation thermique de très grande ampleur, etc.

QE : L’appropriation citoyenne des énergies renouvelables prend de l’ampleur. Comptez-vous encourager ce mouvement et par quels moyens ?

BH : La France est en retard, à la fois sur le rythme de montée en puissance des énergies renouvelables (moins élevé ces dernières années que dans la plupart des autres pays européens) et sur le faible développement de l’énergie d’initiative citoyenne ou à financement participatif, pourtant pour beaucoup dans le développement des ENR en Allemagne. La PPE fixe cependant des objectifs ambitieux. Il sera de notre devoir de nous assurer de leur application véritable.

Depuis 2009, le coût du solaire photovoltaïque a baissé de 80 % et celui de l’éolien de 40 %. L’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) estime que, d’ici 2025, les coûts du photovoltaïque pourraient diminuer de 59 % (35 % pour l’éolien offshore, 26 % pour l’éolien terrestre). En 2013, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a annoncé qu’un mix électrique d’origine 100 % renouvelable était possible à l’horizon 2050.

J’appuierai le développement des unités de production d’énergie renouvelables locales, pour créer un maillage territorial nous permettant de sortir de centralisation de la production énergétique.

QE : Quels sont, selon vous, les points à travailler pour encadrer la sortie du nucléaire tout en assurant une production croissante d’ « énergies propres » ?

BH : Passer à un modèle de la tempérance, c’est sortir d’un modèle énergétique fondé sur des ressources finies, que ce soit le pétrole ou le nucléaire. Je mettrai en œuvre une sortie progressive et intégrale du nucléaire, avec l’objectif d’y parvenir à l’horizon d’une génération, soit 25 ans, avec fermeture des premiers réacteurs durant la mandature, afin de respecter l’échéance intermédiaire d’un mix énergétique de 50% en 2025 et de prendre en compte l’augmentation de production due aux énergies renouvelables.

« Il faut réaffirmer le rôle décisionnaire de l’Etat »Jamais le PDG d’EDF, pas plus que le commissaire de l’Agence des Participations de l’Etat, n’ont porté le message de la réduction de la part du nucléaire au sein du CA d’EDF. Cet état d’esprit doit changer. Il faut réaffirmer le rôle décisionnaire de l’Etat, actionnaire à 85,6% d’EDF. Les grandes entreprises publiques devant être le bras armé de l’Etat français, EDF sera le premier acteur de l’investissement dans les énergies renouvelable.

QE : Comment conjuguer un nouveau modèle de développement français avec le « dogme de l’austérité » existant en Europe ?

« Le temps d’un nouveau souffle est venu, celui d’une stratégie européenne pour l’environnement »BH : La vision d’une Europe fondée sur le libre-échange et l’austérité plutôt que sur les grandes réalisations, la paix, la prospérité, la démocratie, est en train de fabriquer sa perte. Je proposerai à nos partenaires une Europe de l’énergie. La première communauté européenne fut celle du charbon et de l’acier. Le temps d’un nouveau souffle est venu, celui d’une stratégie européenne pour l’environnement, la sobriété, l’efficacité et l’indépendance énergétiques, la maîtrise du prix de l’énergie, la réindustrialisation et la souveraineté. Je proposerai, à ce titre, un Traité européen de l’énergie.

Le saviez-vous ?

 

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QE : Pouvez-vous, ici, partager votre vision sur le lien entre « rénovation énergétique » et lutte contre la « précarité énergétique » ?

BH : La lutte contre la précarité énergétique est une finalité centrale de la transition et de la rénovation énergétique. La loi sur la transition énergétique a fixé un objectif de 560 000 logements rénovés par an à partir de 2017. Mais la rénovation énergétique reste le parent pauvre des mesures énergétiques (et une ambition galvaudée des candidats). Il existe un décalage fort entre les intentions et le passage à l’acte. Aujourd’hui, le nombre de rénovations chez les ménages progresse (environ 50 000 logements rénovés) mais la précarité énergétique touche 11,5 millions de personnes et continue de progresser.

« un plan de 100 milliards d’euros pour la rénovation urbaine et thermique permettant la rénovation des bâtiments publics et des passoires énergétiques »La lutte contre les passoires énergétiques sera une priorité. Je lancerai un plan de 100 milliards d’euros pour la rénovation urbaine et thermique permettant la rénovation des bâtiments publics et des passoires énergétiques en mobilisant à la fois des emprunts auprès de la caisse des dépôts et consignations et de l’argent public (6 milliards par an). Ce plan permettra d’éradiquer la précarité énergétique. Je mettrai en place un bouclier énergétique qui garantira que les 30% de ménages les moins bien isolés ne doivent pas dépenser plus de 10% de leur revenu dans l’énergie. Ces moyens nouveaux permettront de poursuivre leur rénovation et d’y créer 20 000 emplois de proximité pour soutenir le travail des acteurs associatifs.

Vos réactions

06 Avr

Une France à 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 est possible (scénario de l’association négaWatt) ; encore faut-il que cela devienne un enjeu duquel on se préoccupe et qu’on le nourrisse financièrement (et non une ligne sur un programme comme indiqué). Le mix énergétique semble une solution crédible et concrète. Accompagner la transition énergétique ne devra pas se faire au détriment de la dimension humaine avec le traitement des passoires énergétiques afin de sortir les Français de cette précarité (1 Français sur 5).

Céline de Cozynergy.com



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