Qualit’EnR répond aux critiques sur le label RGE

Qualit’EnR répond aux critiques sur le label RGE

Le label Reconnu Garant de l’Environnement (RGE) subit actuellement des critiques : la Commission européenne a adressé une mise en demeure à la France, jugeant son système de certification trop restrictif et ayant des « répercussions négatives disproportionnées sur les prestataires de services provenant d’autres Etats membres ». Richard Loyen, conseiller spécial du président de Qualit’EnR, organisme de certification RGE spécialisé pour les artisans du secteur des énergies renouvelables, répond à ces critiques pour QuelleEnergie.fr (QE).

QE : Qu’avez-vous à répondre à la mise en demeure de la Commission européenne envers le label RGE français, alors même que ce label a pour objectif de répondre aux exigences européennes ?

l

Richard Loyen : Spécifiquement pour les énergies renouvelables, la France a mis en place un système de qualification des entreprises qui répond à ce qui est demandé par la Commission européenne. Nous avons ainsi mis en œuvre l’exigence des directives européennes sur les énergies renouvelables et en plus nous avons dans notre réseau des entreprises non basées en France qui bénéficient d’une qualification RGE. Cette qualification n’est pas réservée aux entreprises françaises, à partir du moment où les entreprises communautaires respectent le droit français. Nous avons des systèmes de reconnaissance de qualifications en termes de formation et on respecte à la lettre les directives de la commission européenne.

QE : Pensez-vous qu’une modification des critères RGE est envisageable si vos justifications actuelles ne suffisent pas à convaincre la Commission européenne ?

l

RL : Je ne sais pas ce qu’il faudrait modifier car pour nous la qualification RGE pour les EnR est conforme aujourd’hui au droit européen. Toute entreprise d’un pays membre de l’UE peut être qualifiée, s’il y a un référent technique, une assurance décennale (exigence du code civil français), ainsi que des engagements de qualité.

QE : Le récent dossier de l’UFC-Que choisir sur les pratiques de rénovation fait état de fraudes au label RGE et appelle à un plus grand contrôle et un renforcement de la formation des professionnels RGE, des évolutions sont-elles à prévoir de ce côté ?

RL : Il existe déjà chez nous un dispositif de formation et des contrôles, avec des ingénieurs qui se déplacent partout en France, un examen individuel qui n’a pas 100 % de réussite, comme tout examen.
Notre formation est maintenant bien organisée et intègre des travaux pratiques. Ensuite c’est de la responsabilité des entrepreneurs de former assez de référents techniques. Mais les artisans savent que s’ils sont contrôlés et qu’ils présentent des irrégularités, ils seront suspendus du dispositif, c’est assez responsabilisant.

« Une task force serait nécessaire aussi pour lutter contre les fraudes en ligne et sur le terrain »

Le point sur lequel nous travaillons pour l’améliorer est le dispositif de contrôle. Pour cela, il est nécessaire de créer un lien avec les obligés dans le cadre des certificats d’économies d’énergie, avoir une vision globale de ce que font les entreprises. Une task force serait nécessaire aussi pour lutter contre les fraudes en ligne et sur le terrain. De notre côté, nous nous engageons et gagnons des procès contre des utilisateurs frauduleux de nos qualifications, mais il serait bon d’unir nos forces entre les acteurs de l’efficacité, les organismes de qualification et les pouvoirs publics, comme la répression des fraudes. Se mettre en ordre de marche pourrait être efficace pour lutter contre ces problèmes complexes, en se signalant les entreprises connues négativement par exemple. Nous sommes ouverts aux partenariats, car la fraude est un réel fléau qui ternit le réseau d’artisans de qualité et abime la confiance des particuliers. Nous coopérons déjà avec des organismes de protection des consommateurs (DGCCR, DGPP, GPPEP, CNL…), dont certains sont membres actifs de l’association, mais il faut faire plus.

QE : Que voudriez-vous dire aux artisans RGE inquiets pour la pérennité de leur label ?

RL : J’entends des critiques sur le label RGE, mais de toute façon, mieux vaut en avoir un, même s’il est imparfait, plutôt que rien du tout et aucun gage de qualité. C’est un label important, qu’il faut que l’on fasse monter en puissance avec plus de contrôles et des suspensions quand c’est nécessaire. On peut travailler sur de la prévention, pour répandre les bonnes pratiques et au contraire identifier et comprendre les mauvaises pratiques pour apprendre et progresser.

« Mieux vaut avoir un label, même s’il est imparfait, plutôt que rien du tout et aucun gage de qualité »

Le label RGE et son réseau sont un bel actif à améliorer et à parfaire. Du côté des énergies renouvelables, il y a 10 000 entreprises, un contrôle industrialisé à 4 niveaux, de médiocre à parfait, et cela va se développer encore plus. Il s’agit aujourd’hui d’inventer de nouveaux métiers de contrôle mais on sait le faire et il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur le label RGE, car sans lui, on se retrouve dans des conditions purement libérales, sans contrôle où n’importe qui peut faire n’importe quoi, ce qui est inenvisageable. Nous continuons donc à l’améliorer, toujours en dialogue et avec pédagogie pour faire comprendre le modèle français au niveau européen.

Le saviez-vous ?

 

Des questions sur votre logement et les travaux qui pourraient lui être bénéfiques ? Testez notre diagnostic énergétique gratuit, sans engagement, complet et personnalisé.

 

Vos réactions



Gratuit !

Les services Quelle Energie :

House-dpe-blue

Découvrez les solutions d'économie d'énergie adaptées à votre logement
Faire le test

Calculatrice-blue

Calculez vos aides et subventions
Calculer mes aides

Quotation-blue

Rencontrez des artisans qualifiés
Demander un devis gratuit


Avis des internautes (1090)

8,6/ 10

Afficher tous les avis

A PROPOS DE CET ARTICLE

Les lecteurs ont aussi aimé :