La taxe carbone est officielle

Le 10 septembre 2009, le chef de l’Etat a tranché. Les discussions ont été longues, le dossier brûlant, une opinion publique touchée… En bref, une dure décision. Évidemment, il s’agit ici d’argent (beaucoup d’argent), mais encore plus d’un réel engagement pour le changement de mode de vie. La tâche sera rude et ne devra pas être seulement supportée par les ménages. L’effort doit être placé bien plus haut, tous sont concernés.

La taxe carbone sera donc fixée à 17 € la tonne de carbone. Elle touchera essentiellement les énergies fossiles : le gaz, l’essence/diesel et le fioul. L’électricité ne sera quant à elle pas taxée. La raison avancée est que le nucléaire permet à la France d’être faiblement émettrice de CO2, il ne serait donc pas cohérent de taxer d’avantage ce pôle.

Au jour le jour, la hausse des prix correspondra environ à 4,5 centimes par litre de fioul, 4 centimes par litre d’essence et 0,4 centimes par kWh pour le gaz. Une augmentation réelle mais encore acceptable, orientée à engager la réflexion sur les moyens d’être économe sur ces pôles de consommation. Car c’est essentiellement l’objectif de cette contribution : pousser à économiser. La taxe n’a en effet pas la vocation d’être un impôt supplémentaire : elle sera, selon la promesse de M. Sarkozy, redistribuée à 100 %. Ceci se fera sûrement par une réduction de l’impôt sur le revenu pour les ménages (ou un chèque vert pour ceux qui ne sont pas imposables) et par une réduction de la taxe professionnelle pour les entreprises, ouvrant ainsi les possibilités d’investissement qu’on espère dans l’innovation. Son application est envisagée pour 2010 et augmentera progressivement dans le temps. Aucune estimation n’est encore disponible sur le rythme d’augmentation de la taxe. Le modèle est donc assez proche du dispositif suédois, notre mentor sur le sujet.

Les réactions sont partagées quant à ce nouvel engagement. Il nous parait important de rappeler que la taxe est un levier d’une forte efficacité pour faire évoluer les habitudes établies. Et l’évolution est urgente. D’un autre côté, celle-ci doit être accompagnée pour soutenir les changements voulus. Est-il donc bien raisonnable de réduire les crédits d’impôt sur les pompes à chaleur alors que nous allons entrer dans une phase de remplacement des chaudières à gaz et fioul (conséquence attendue de la taxe carbone) ? Taxer les déplacements quotidiens doit aussi déboucher sur le développement de solutions de transport alternatif en ville comme à la campagne.

Espérons que cet élan sera suivi.