Nathalie Kosciusko-Morizet face à la colère de la filière photovoltaïque

installation Photovoltaique La nouvelle ministre de l’Écologie a opposé le 21 décembre 2010 une série d’arguments aux accusations de mise en « coma artificiel » et de « purge » émises par les professionnels du secteur. On doute que ces derniers aient été convaincus. Reste à savoir ce qu’en pensent nos concitoyens.

Une intervention nécessaire

La semaine précédente, « NKM » devait rassurer des sénateurs déroutés par la mise entre parenthèses du développement de l’énergie solaire. S’exprimant le 21 décembre sur l’antenne de France Info, elle était pour ainsi dire « obligée », vu l’ampleur que prend la polémique, de préciser à l’opinion les raisons du gel jusqu’en mars 2011 des projets de plus de 3 kilowatts crête (KWc). Une mesure spectaculaire qui a fait suite à 3 baisses du tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque cette année et à la diminution de moitié, du crédit d’impôt développement durable (CIDD) sur les installations solaires réalisées par les particuliers.

Ce moratoire, les professionnels du secteur ne le comprennent pas et ils utiliseront tous les moyens légaux possibles pour « l’enterrer ». Défendue par Me Arnaud Gossement, l’association Enerplan s’est posée en porte-parole de la colère des acteurs, saisissant le Conseil d’État, c’est-à-dire la plus haute juridiction administrative française, pour obtenir l’annulation pure et simple du décret gouvernemental publié le 9 décembre dernier.

Les décideurs s’attendaient-ils à pareille combativité ? À défaut de pouvoir empêcher le démarrage de la machine judiciaire, la locataire de l’Hôtel de Roquelaure est quoi qu’il en soit montée au créneau pour au moins tenter de s’attirer la compréhension des Français, lesquels pourraient être tentés de se dire que la majorité n’accorde désormais qu’une importance toute relative à l’essor des énergies renouvelables. Peu importe qu’elle soit ou non favorable audit décret, « NKM » était tenue de défendre la politique étatique, objectivement discutable sur le plan écologique, et de mettre en avant la solidarité gouvernementale, fût-elle de façade.

« 90 % des panneaux installés en France viennent de Chine »

Ce moratoire exclut les projets « bien avancés » et ne concerne pas les particuliers, a une nouvelle fois insisté la ministre, qui a également invoqué la fameuse « file d’attente » fustigée par la filière, laquelle s’interroge sur son existence réelle et exige la révélation de ses détails géographiques et techniques. Et de revenir sur la fameuse « bulle spéculative » que soulignait déjà son prédécesseur.

Périlleux, l’exercice a aussi consisté en un énième rappel des objectifs du Grenelle de l’environnement, remplis voire « largement dépassés » sur le plan du volume des panneaux solaires installés.

Il reste cependant du travail pour atteindre les buts fixés en termes d’environnement et d’emploi. « 90 % des panneaux installés en France viennent de Chine », a ainsi expliqué « NKM » – ce que nous étions sans doute très nombreux à ignorer – , pour qui « on n’a pas été assez stricts sur les critères d’intégration du bâti ». Reste que le mea culpa des hautes sphères se traduit par une remise à plat complète pour le moins difficile à concevoir de l’extérieur.

Si l’omniprésence des panneaux chinois, financièrement plus attractifs que leurs homologues hexagonaux, et le fait qu’ils « produisent 1,8 fois plus de CO2 qu’un panneau fabriqué en France » sont deux paramètres à prendre en considération, fallait-il pour autant aller jusqu’à un standby aussi large, alors que la filière était jusque là en pleine expansion ? Quid des conséquences économiques du gel des projets ? Une fois le moratoire levé, que décideront les autorités et combien de temps mettra l’industrie photovoltaïque pour recouvrer sa dynamique ? Personne, pas même la ministre, n’est aujourd’hui en mesure de répondre à ces questions cruciales.

« On n’a pas la filière complète qu’on voudrait mais juridiquement il n’est pas possible de choisir entre les bons projets et les moins bons projets, il a donc fallu les suspendre », a enfin déclaré « NKM ».

Pas de cas par cas donc, et tout arrêter ou presque pour ne pas faire de jaloux : il y avait sans doute mieux à faire pour s’épargner l’ire de tout un secteur d’activité. On peut aussi se demander si une suspension de trois mois est le meilleur moyen pour mettre à mal le leadership de l’Empire du Milieu. En l’occurrence, c’est le Conseil d’État qui en jugera.

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Les panneaux solaires photovoltaïques

Les panneaux solaires photovoltaïques produisent de l’électricité lorsqu’ils sont éclairés par le soleil. L’électricité peut être revendue au réseau ou utilisée pour sa propre consommation.

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