L’éruption islandaise et le débat écologique

éruption volcaniqueIl y a peu de chance que vous soyez passé à côté de cette actualité : depuis le 14 avril dernier le volcan islandais Eyjafjöll est entré en éruption et a clairement perturbé les activités humaines dans l’hémisphère nord. Ce affolement général a soulevé des questions écologiques, notamment en ce qui concerne les conséquences sur le climat mondial.

Pour remettre les choses dans leur contexte, un peu de géologie s’impose. L’Eyjafjöll se situe en Islande, le long de la dorsale médio-Atlantique. Cette limite de plaques tectoniques est connue pour sa production incessante de magma basaltique. Cela dit, le volcan en lui-même n’est pas une conséquence directe de ce processus car il est apparenté à la Soufrière de la Réunion, et au Kilauea à Hawaï, vu qu’il est qualifié de « point chaud ». Cependant, ce qui fait sa particularité, c’est que sa lave est sur-saturée en silice et provoque, en plus de l’éruption traditionnelle, un dégagement de cendres volcaniques via des explosions. Ce n’est certes pas digne du Mont Saint-Hélène, qui en 1980 s’était littéralement soufflé lui-même, ni du Pinatubo en 1991 qui avait produit bien plus de cendres, allant jusqu’à entrainer des perturbations climatiques. En effet, ce dernier avait émis des particules qui se sont répandues dans tout l’hémisphère nord, provoquant un « effet parasol » qui avait entraîné une baisse des températures de 0,2 à 0,3 °C au sol pendant 3 ans. Dans le même temps, cette pellicule de cendres avait entraîné une élévation de 0,5 à 0,9 °C à la base de la stratosphère (couche de l’atmosphère comprise entre 12 et 50 km d’altitude). La question reste entière : allons-nous revivre la même chose suite à l’éruption du 14 avril ? L’impact sur la biodiversité est très limité, sauf évidemment pour les abords immédiats du volcan qui ont particulièrement souffert. On observe des retombées de cendre à plus de 4.000 km du lieu de l’éruption, mais la dynamique atmosphérique faisant bien les choses, les retombées sont diluées et ne sont pas plus inquiétantes que lorsque le Sirocco souffle ses nuées rouges en provenance du Sahara.

Toujours dans l’optique de remettre les choses dans leur contexte, l’éruption de l’Eyjafjöll n’a rien d’exceptionnel, et reste tout à fait « banale ». Le caractère occasionnel d’une éruption volcanique à échelle humaine a tendance à fausser la donne. La situation de crise qui a suivi le début de l’éruption est révélatrice de notre manque d’adaptabilité et de la précarité de notre situation face aux phénomènes naturels. Ainsi, tout cela entrainé des craintes injustifiées au niveau écologique. Le fait d’avoir suspendu le trafic aérien au nom du principe de précaution est une bonne chose, qui a surtout le mérite d’avoir diminué les émissions de gaz à effet de serre. En effet, les émissions quotidiennes du volcan sont 60% inférieures à celles des 63.000 avions cloués au sol (économie de 206.000 tonnes de CO2) . Ceci dit, il faut également prendre en compte l’augmentation du trafic routier en compensation du blocage aérien, dont la valeur n’est pas encore connue. Par contre, ce qui est connu, c’est le coût engendré par le nuage : 1,26 milliard d’Euros. Une panique économique et humaine donc, mais un impact écologique faible sur notre bonne vieille planète qui en a vu d’autres…

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