Enjeux des conférences sur le climat

Affichage des émissions de CO2 à New YorkLes émissions mondiales de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi intenses. L’année 2010 avait établi un triste record. En cette fin 2011, le record est en passe d’être battu au dépend de la planète et de l’humanité. Pourtant, grâce à la crise financière qui avait secouée la planète en 2008, les émissions de CO2 avaient significativement ralenties en particulier dans les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques). La crise financière, unique moyen pour limiter le risque de changement climatique ?

Pourquoi une conférence sur le climat ?

Les conférences sur le climat visent à établir un consensus mondial permettant de réduire l’impact de l’activité humaine sur le climat. La dernière a eu lieu en Afrique du Sud, à Durban durant quinze jours. C’était la 17ème conférence de son genre placée sous l’égide de l’ONU. Une des plus frustrantes a été celle de Copenhague, il y a deux ans. Un engagement visant à maintenir une hausse de la température mondiale en dessous de 2°C en réduisant les émissions de gaz à effet de serre avait été pris par les 192 chefs d’États et de gouvernements présents. Malheureusement aucun accord contraignant n’avait été décidé. Et sans contrainte, les objectifs ambitieux fixés lors de cette conférence ne peuvent être tenus. En particulier lorsque les plus gros pollueurs de la planète ne s’engagent pas dans cette voie.

Le bilan de la conférence sur le climat à Durban

La conférence de Durban achevée début décembre a permis de faire avancer le débat pour la conclusion d’un accord mondial contraignant. Les représentants des 195 pays ont adopté à l’unanimité un ensemble de décisions pour renforcer la lutte contre le réchauffement climatique. En voici les principales décisions :

  • Prolongement de l’accord de Kyoto : une deuxième période d’engagement du protocole sera effectif dès 2013 pour 5 ans. Seul accord juridiquement contraignant en application à ce jour, il n’a malheureusement été ratifié que par une minorité de pays.
  • Création d’un groupe de travail : celui-ci permettra d’élaborer un nouvel instrument juridique applicable en 2020 ayant pour ambition de limiter efficacement l’augmentation des températures à la surface du globe. Ce groupe de travail s’appuiera sur les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) afin de développer des outils innovants et efficaces. Obliger les pays à réaliser des économies d’énergie et développer massivement les énergies renouvelables seront les deux principaux leviers.
  • Mise en application du fonds vert. L’année précédente, le sommet de Cancun avait officiellement créé ce fonds vert. A Durban, un accord a été signé afin de l’activer début 2012. Ce fonds servira à financer des projets de réduction de gaz à effet de serre dans les pays en développement. C’est un instrument financier unique rendant possible la transition de ces pays vers une économie plus sobre en carbone. Mais un problème subsiste et il est de taille : ce fonds doit être suffisamment abondé pour être efficace. Pour y remédier, une proposition de taxe sur les transactions financières a été faite.
  • Accord pour une agriculture moins polluante : création d’un programme de travail. Il faut savoir que 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont imputées à l’agriculture. Il devient donc urgent d’agir d’autant plus que ce secteur est le premier à subir les aléas du climat. Le changement climatique est une réelle menace pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays en développement.
  • Mise en place d’une feuille de route : un accord global doit être décidé en 2015. Pour ce faire, différentes étapes doivent être franchies au cours de ces 3 prochaines années en impliquant un grand nombre de pays dont la Chine et les Etats-Unis. Et l’Union Européenne a fortement contribué à la mise en place de cette feuille de route en jouant un rôle clef dans les négociations.

Le Canada quitte le protocole de Kyoto : tout un symbole

Cette annonce a fait l’effet d’une bombe dans la lutte contre le changement climatique. Elle a été rendue public quelques heures seulement après que la conférence de Durban eut décidé d’engager un consensus impliquant tous les pays. Le ministre de l’environnement canadien Peter Kent a donc annoncé le retrait de son pays au protocole de Kyoto. Le Canada devient le premier pays a prendre cette décision entravant sérieusement les efforts de la communauté internationale. La raison évoquée est tout aussi décourageante : le pays aurait dû payer 14 milliards de dollars canadiens (chiffre contestable) de pénalités pour ne pas avoir respecté ses engagements.
Cette décision remet en question le pouvoir juridique d’un tel protocole. L’enjeu planétaire est-il plus faible que les puissants lobbies promoteurs de la croissance à tout prix ? Et si tout simplement réduire les émissions de gaz à effet de serre était impossible à l’échelle de la planète ? Le Canada s’est tout de même justifié en déclarant que l’accord signé à Durban était la voie de l’avenir… mais lequel ?

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