Autolib’ : Une première mondiale

BluecarLe système de voitures électriques en libre-service sur le modèle du Vélib’ entre en phase de test grandeur nature. C’est ainsi que 66 Bluecars du groupe Bolloré sillonnent les rues parisiennes depuis le 2 Octobre 2011. La société a recueilli les impressions des clients et déjà quelques problèmes techniques ont été constatés. Mais comme le rappelle Morald Chibout, directeur général d’Autolib’ Paris, il reste deux mois pour régler ces petits soucis.

A terme, ce seront 3.000 véhicules qui circuleront dans 46 communes d’Ile-de-France avec un objectif : bouleverser les habitudes des franciliens face au transport.

Retour sur le pari fou d’un industriel désireux d’allier affaires et mobilité durable.

Un défi technologique

La surprise est totale lorsque le 16 décembre dernier Bolloré remporte la délégation de service public d’Autolib’. En effet, le groupe est plus petit que les deux autres finalistes, réunis dans des consortiums (Veolia avec la Peugeot électrique Ion ; SNCF, RATP, Avis et Vinci Park avec la Smart électrique) et n’est pas un constructeur automobile.

C’est en 2001 que Vincent Bolloré, PDG de l’entreprise du même nom, crée en Bretagne une structure baptisée BatScap pour développer des composants de stockage de forte puissance appelés « supercapacités ». Cette approche va lui permettre de fabriquer des batteries au lithium métal polymère (LMP) pour les voitures électriques. Dans l’industrie automobile, ce choix technologique est unique. Alors que tous les constructeurs parient sur la batterie au lithium-ion, Bolloré a investi près d’1.5 milliard d’euros dans la batterie et la fabrication de la Bluecar.
Et ce choix technologique est payant : une autonomie de 250 km en ville et une accélération de 0 à 60 km/h en 6,3 secondes.

Mais le défi réside également dans la mise en service du système Autolib’. Le groupe va recruter en Ile-de-France 1.200 « ambassadeurs » chargés de renseigner et d’assister les utilisateurs dans les démarches d’abonnement et de réservation (via visioconférence). Concernant la technologie embarquée, la citadine grise (et non bleue !) adopte un GPS afin de guider les utilisateurs mais aussi permet à Autolib’ de pouvoir contrôler en temps réel et à distance l’état du véhicule et de le localiser.

Des usagés à conquérir

A l’instar du Vélib’ lancé il y a près de cinq ans, le succès potentiel d’Autolib est difficile à évaluer. En effet c’est un service totalement nouveau et jamais réalisé à cette échelle.
Cependant, le groupe Bolloré a effectué par le biais de l’institut CSA (filiale du groupe) de nombreuses études concernant le profil des utilisateurs potentiels et côté communication ce sera une autre filiale du groupe, Euro RSCG de faire la promotion du nouveau service.

A terme, c’est 80.000 utilisateurs à conquérir afin d’atteindre le seuil de rentabilité selon Bolloré.

Le service est destiné à tous ceux qui possèdent une voiture mais réalisent qu’elle leur coûte trop cher par rapport à l’utilisation et pour ceux qui ont besoin d’une voiture mais qui n’en ont pas les moyens. L’abonnement annuel revenant à 12 euros par mois et la première demi-heure d’utilisation étant à 5 euros, la tarification est attractive. Le service permettrait de remplacer 15.000 véhicules d’ici 2013 ce qui diminuerait les émissions de CO2 de la capitale mais aussi la densité de circulation (à chacun d’apprécier l’échelle).

Mais tous ne sont pas séduits par ce projet à commencer par les automobilistes qui chiffrent à 2.000 places perdues pour laisser place aux 1.100 stations Autolib’ prévues (le même scénario s’est joué 5 ans plus tôt avec le déploiement des stations Vélib’). Le service est également décrié par les élus d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) qui dénonce un projet faussement environnemental qui est en contradiction avec le Plan de déplacement urbain(PDU) de la région qui vise à réduire le trafic automobile.

Un objectif global

La voiture en libre-service n’existe nulle par ailleurs à cette échelle (La Rochelle a déployé un système similaire en 1999 mais limité à 50 véhicules électriques) et a donc pour objectif de l’étendre dans les autres métropoles mondiales. Bertrand Delanoë, maire de Paris, est persuadé du succès et espère voir un changement dans toutes les villes du monde.

La mobilité durable est justement au cœur des priorités des municipalités du monde entier soucieuses de réduire leurs trafics routiers et de réaliser des économies d’énergie. La version Lyonnaise d’Autolib’ est prévue pour début 2012 et Amsterdam met en place un réseau de 300 véhicules électriques.

Pour l’industriel Bolloré, l’enjeu est d’autant plus grand qu’il espère imposer sa technologie de batterie LMP aux constructeurs automobiles. Un marché estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici 10 ans selon les spécialistes. Et pour rester dans une démarche de Développement Durable, c’est Bolloré Energie, une filiale du groupe, qui s’occupera de la deuxième vie des batteries. Elles seront recyclées en batteries stationnaires pour les particuliers afin de stocker entre autre l’énergie produite par les panneaux solaires photovoltaïques.

Autolib’: la bonne voie pour une mobilité plus durable et écologique ?

Crédit Photo: francisco.j.gonzalez

Vos réactions

09 Fév

Bonjour,
Hier j’ai vu un responsable qui arrivait en voiture bien chauffée et ammenait un thermos vide à un ambassadeur d’accueil dans une station.
Ces derniers …..les pauvres ils ont droit à la maraude comme les SDF, sauf que dans le thermos rien et puis les réflexions fusent :
Il faut pas lire direct matin c’est interdit !
Il faut pas t’appuyer ne serait-ce que 10 minutes !
Il faut pas .. Il faut pas ……
Ces employés sont employés au Smic et demande la permission pour être relever pour aller au toilette, AURONT-ILS AU mOINS UNE PRIME D’ INTEMPÉRIES !
Si monsieur Bolloré savaient comment ils sont traité de la part de leur responsable il serait outré!
Lui si équitable, j’avoue que d’envoyer un pauvre ambassadeur d’accueil 7 heures d’affilés, SEUL dans le froid . et en plus lui faire pleuvoir que des réflexions chapeau!!!!
Après ces quelques jours de froids intenses, les pauvres ambassadeurs d’accueil n’en peuvent plus, ils on eu droit à un thermos vide et des recommandations de leurs « responsables d’ambassadeurs »

GAM
13 Fév

@GAM : Les conditions que vous décrivez sont effectivement très rudes en particulier en période de grand froid. La question à se poser est de savoir si un ambassadeur a réellement besoin d’être sur place ? Le système de visioconférence est pourtant au point, ou pas .. Je pense que ce choix partait d’une bonne intention ou plutôt d’une obligation vis à vis de la mairie de Paris : créer des emplois en même temps que la création de ce nouveau service !

Clément Blasco
16 Fév

Oui Clément, des emplois ont bien été crées avec eux de nombreux salariés au smig qui acceptent les conditions inhumaines et les reflexions de leur responsable de peur de perdre cet emploi et retourner à leur inactivité. Ils ont cette chance de travailler sur un produit nouveau,mais la question à se poser : ne profite t- on pas encore des pauvres gens à un coût minime pour lancer un produit ? Les salariés sans chauffage, debout dehors fixent ….. mais peut etre cela va t-ils changer et le groupe va t-il améliorer leurs conditions de travail ? enfin je l’espère car c’est un crève coeur de les avoir vu ainsi. J’espère qu’ils ne vont pas les jeter non plus.

GAM
27 Fév

Vous avez raison de vous indigner sur un sujet qui vous paraît injuste et inhumain le traitement que l’on fait à ces salariés. Je pense avant tout que la direction a été prise au dépourvu avec ce froid très rigoureux. Il est vrai que le poste occupé par ces employés est par nature assez difficile mais il en existe tant d’autres. Alors bien entendu certains traitements ne sont pas justifiables et ce malgré la crise.

Clément Blasco



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