Vague de froid : explosion de la demande en énergie

L’Europe a connu ces derniers jours une vague de froid intense avec pour conséquence directe, une explosion de la demande énergétique des pays. Ce froid, parfois mortel, a sévit sur des régions peu habituées à ces températures sibériennes. Quelle Energie vous propose une analyse détaillée des conséquences du froid sur la production énergétique Française.

Les conséquences du froid sur le chauffage : un besoin vital

Inutile de le rappeler, avec des températures négatives (jusqu’à -18°C observé à basse altitude), il est essentiel de chauffer correctement son logement. Seulement, nous avons constaté avec désarroi que certains ménages dans l’urgence n’ont eu d’autres solutions que de se chauffer avec des moyens dérisoires. Beaucoup se sont donc retrouvés dans une précarité énergétique extrême. Ce qui est en cause, c’est le coût de l’énergie et le manque d’investissement dans des équipements plus efficaces et économes. D’après les statistiques de l’Ademe, l’énergie la plus utilisée reste le gaz avec 44 % des logements (53% des immeubles collectifs contre 37 % des maisons individuelles). Vient ensuite à 32.5 % le chauffage électrique puis le fioul à 15.5 %. Enfin, 4 % avec le chauffage urbain, 3.6 % grâce au bois et 0.3 % au charbon. Mais on remarque que la part de l’électricité pour le chauffage n’a de cesse d’augmenter…

Un record de consommation d’électricité

L’explosion du précédent record datant du 15 décembre 2010 était prévu depuis de nombreuses semaines. Le mercredi 8 février 2012, à 19H00 c’est une consommation de 101.700 MW que le réseau a dû fournir. C’est 5.530 MW de plus que le précédent record. Pour faire face à cette demande, EDF a mis en service 55 des 58 réacteurs nucléaires et les importations étaient de 7.845 Mégawatts. Mais pourquoi une telle « performance » ? En effet, comment justifier en l’espace de deux ans une telle croissance de la demande lors des pics de consommation ? Plusieurs raisons sont à évoquer, en voici les 3 principales :

  • Une vague de froid exceptionnelle qui a envahie la France pendant 13 jours. Celle-ci a gagné la totalité du territoire et pour rappel, une telle vague de froid n’avait pas été observée depuis janvier 1987. D’après RTE (Réseau de Transport d’électricité), 6°C de moins sur le thermomètre correspondent à 15.000 MW de consommation supplémentaire.
  • La thermosensibilité du pays. Ce phénomène avait été expliqué dans un de nos précédents articles : depuis de nombreuses années la part du chauffage électrique augmente fortement du fait d’un coût d’investissement faible et d’une électricité encore bon marché.
  • Une démographie en constante évolution : la population Française augmente année après année donc le nombre de logements augmente sensiblement. Ce constat est accentué par un autre phénomène : le nombre de personnes par logement diminue et augmente donc la demande en logement (qui plus est mal isolé).

Source : RTE 2012

Les autres sources d’énergie ne sont pas en reste !

Alors qu’il est aisé de suivre l’évolution au jour le jour de la consommation d’électricité, l’exercice s’avère plus difficile concernant les autres énergies sur une échelle de temps réduite. Cependant, nous avons pu constater des tensions sur l’approvisionnement de certaines énergies dans toute l’Europe. C’est le cas du Gaz : le principal fournisseur, la Russie, avait atteint ses limites d’exportation la première semaine de février. Faisant face à une explosion de sa demande intérieure, l’entreprise Russe « Gazprom » a même été contrainte de diminuer ses exportations pour subvenir en priorité à sa consommation nationale. En conséquence, c’est une augmentation des prix du gaz. Concernant le bois de chauffage, la filière a tenu le coup grâce à d’importantes réserves malgré une demande accrue. A contrario, c’est dans les supermarchés et autres magasins spécialisés que des ruptures de stock sont apparues. Les chauffages d’appoints (pétrole, bois, électrique) ont été dévalisés et pris d’assaut par les clients.

Des mesures d’économies d’énergie prises d’urgence

Si le black out (coupure générale) a pu être évité, certaines régions de France ont été obligées de réaliser des économies d’énergie. Le plan « EcoWatt » a donc été activé dans deux régions de France : la Bretagne et la région PACA (principalement dans le Var, les Alpes-Maritimes et Monaco). Les habitants ont été fortement encouragés à couper l’électricité de leurs pièces inoccupées et d’éteindre leurs équipements en mode veille. Ils ont dû également faire preuve d’adaptation en évitant d’utiliser les appareils électroménagers entre 18h et 20h. Pour rendre ces mesures encore plus efficaces, les industriels ont aussi été mis à contribution. Une société spécialisée dans les économies d’énergie pour l’industrie a été sollicitée pour optimiser la consommation électrique de certaines usines. Par exemple, des fours industriels extrêmement gourmands en énergie ont été coupés lors des pics de consommation.

Le rôle des énergies renouvelables dans le mix énergétique

source : RTE 2012

Avec cette explosion de la demande, les émissions de CO2 atteignent des sommets notamment du fait de la mise en service de nos « vieilles » centrales thermiques (Charbon, Fioul et Gaz) produisant près de 15 % de la production totale. Près de 13.000 Tonnes de CO2 par heure ont été émis au plus fort de la vague de froid pour produire l’électricité nécessaire. Et c’est sans compter les émissions de CO2 générées par nos importations … Mais la bonne nouvelle est ailleurs : les énergies renouvelables ont joué un rôle significatif dans l’approvisionnement énergétique de la France. Avec l’hydraulique en premier lieu : le 8 février à 19:00 c’est 13.280 MW de produit soit 14 % de la production totale ! Et la bonne surprise reste l’éolien avec des pics de production atteignant les 4.000MW.

Le potentiel est grand avec un parc en pleine croissance et des investissements toujours plus importants. D’ailleurs, en 2020, 5 millions d’habitants devront être alimentés en électricité d’origine éolienne. Cette prévision est en phase avec l’immense appel d’offre lancé par le gouvernement pour la construction de plusieurs parcs éolien en mer. Les grands groupes énergétiques (Areva, Alstom, Siemens, ..) sont prêts à relever l’immense défi de la transition énergétique.

Crédit photo : Pierre Bédat

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