Les symbioses industrielles ou comment gérer efficacement l’énergie

symbioses industriellesCela fait plus de 10 ans que Laurence Grand-Clément, catalyste au sein de l’Observatoire de l’Innovation dans l’Energie (OIE), évolue dans l’univers de l’énergie et du high-tech. Elle s’intéresse particulièrement aux collaborations industrielles et nous en dit plus sur les symbioses industrielles, méthode efficace pour gérer l’énergie et pourtant peu pratiquée en France.

Vous êtes catalyste au sein de l’Observatoire de l’Innovation dans l’Energie. Qu’est-ce que cela signifie ?

Les principaux acteurs de l’O.I.E. sont appelés catalystes : ce sont des hybrides uniques, à la fois entrepreneurs, stratèges, facilitateurs, hommes et femmes de relations et de communication.
Spécialisés dans un ou plusieurs de nos domaines d’action, ils ont acquis une solide connaissance du contenu, tant sur le plan technique qu’économique. Ils excellent dans le management des interconnections complexes entre les nombreux et divers acteurs du système énergétique étendu. Ils ont l’ambition d’être des moteurs du changement. Ils ont déjà maintes fois démontré leur capacité de pilotage de projets collaboratifs mais restent animés de l’humilité et de l’enthousiasme des premiers jours pour aborder les nouveaux projets de l’O.I.E.
Nos catalystes sont généralement engagés dans d’autres activités professionnelles, ce qui est une garantie pour eux de rester connectés avec d’autres réseaux et sources d’information ; mais ils ont la ferme conviction que l’O.I.E. constitue une plateforme privilégiée pour l’accélération du changement de notre système énergétique.

En quoi consistent les symbioses industrielles ? Quels sont leurs intérêts ?

De façon très pragmatique il s’agit de favoriser les possibilités entre industriels et autres acteurs locaux de substituer ou échanger de la matière ou de l’énergie, de mutualiser leurs approvisionnements et enfin de mutualiser la gestion des déchets. Quels en sont les bénéfices ? Alors que la première entreprise peut réaliser des économies sur les coûts d’élimination, l’autre se voit offrir la possibilité de réduire ses coûts d’approvisionnement. Dans le même temps, ce mécanisme permet de réduire la quantité de matières premières utilisées – ce qui profite à l’environnement – et de créer de nouveaux emplois, principalement des emplois qualifiés dans le secteur des cleantechs. Au-delà des premiers « quick wins », la vertu de cette approche est de nourrir une nouvelle culture de collaboration intersectorielle. L’expérience montre également que des projets plus complexes à forte dose d’innovation en sont la suite naturelle.
Leur intérêt est donc triple :

  • optimiser la valorisation du « déchet » et minimiser ainsi les émissions de CO2
  • conserver de la matière en France (cf notre balance commerciale)
  • créer de l’emploi

symbioses industrielles

De quels exemples peut-on s’inspirer ?

L’exemple Anglais fait certainement référence en la matière : l’initiative anglaise lancée en 2003 (le NISP) a déjà engrangé des résultats impressionnants. En quelques années seulement, son fondateur Peter Laybourn et ses collègues ont obtenu de réduire de 35 millions de tonnes la quantité de déchets mis en décharge, d’économiser 48 millions de tonnes d’eau, d’éviter l’émission de 30 millions de tonnes de CO2 et enfin d’éliminer 1,8 million de tonnes de déchets dangereux.

Le modèle a fait des petits qui également conduisent progressivement à des résultats intéressants.

Qu’en est-il en France ? Des symbioses industrielles existent-elles en France ?

L’approche française est plus intellectuelle, pilotée par les universités (Troie) ou les associations (Orée) et plus récemment avec l’engagement des politiques à travers l’institut d’économie circulaire.

On pourrait citer de nombreux « petits » exemples. Le projet COMETHE ou une plateforme (call center) de mise en commun des besoins dans le dunkerquois ou enfin une démarche plus récente et plus ambitieuse à l’initiative de l’UIC qui s’appelle 2ACR. Il y a aussi le CEIA , BIOTOP et BOUCLE

Il y a aussi les Monsieurs Jourdain des symbioses industrielles qui en font sans le savoir.

Malheureusement, on n’observe pas de démarche structurellement inscrite dans le panorama français, de cercle vertueux tel qu’on peut le constater en Angleterre.

Comment expliquez-vous que ce sujet ne soit pas intégré au débat sur la transition énergétique ?

Les interprétations sont nombreuses et certainement inachevées. L’une d’elles consiste à dire que le débat sur la transition énergétique a plus aujourd’hui une vocation de partage d’expérience et de consensus que d’innovation (et les quelques porteurs de modèles innovants ne sont pas au bout de leur croisade). Les symbioses industrielles n’ont pas de réel « track record » à revendiquer en France, donc difficiles à pousser dans le débat.

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