Les gouvernants pas prêts d’enterrer les énergies fossiles

barils petroleBien que l’on trouve peu de gouvernements défavorables par essence au développement des énergies renouvelables, le soutien financier qu’ils apportent aux énergies fossiles est encore bien présent. Alors que les investissements dans le domaine de l’énergie s’équilibrent de plus en plus entre sources renouvelables et fossiles le comportement des gouvernants sur ce même champ laisse davantage à désirer.

C’est ce que révèle un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui montre que l’ensemble des subventions gouvernementales accordées pour le développement des énergies fossiles s’élevait à plus de 550 milliards de dollars (416 milliards d’euros) pour la seule année 2008, ce qui représente une hausse de près de 63% par rapport à 2007. En comparaison, les aides apportées aux énergies renouvelables atteignait quelque 44 milliards de dollars (33,3 milliards d’euros) en 2009, soit onze fois moins que pour les fossiles, selon une autre étude de Bloomberg.

Les fossiles résistent

Au ban des nations qui ont des priorités autre qu’environnementales, on retrouve en premier lieu… l’Iran, puisque 101 milliards de dollars (76 milliards d’euros) auraient été dépensés par Téhéran – ce qui représente approximativement un tiers du budget national ! Et il ne faut pas voir ici uniquement le programme nucléaire du président Ahmadinejad : l’Etat iranien subventionne en effet directement les habitants, ce qui leur permet d’avoir une facture énergétique légère. « Les prix chroniquement bas de l’énergie domestique en Iran sont la conséquence d’énormes subventions, ce qui constitue un véritable fardeau pour l’économie qui est obligée de se rattraper en important massivement des produits plus raffinés » souligne l’étude.

Limiter les subventions aux énergies fossiles serait pourtant du meilleur effet pour la planète, rappelle l’AIE. Une diminution progressive de celles-ci sur les dix prochaines années pourrait entraîner une baisse de la consommation d’énergie de 5.8%, soit l’équivalent des quantités consommées combinées du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Autre chiffre parlant, la baisse espérée de 6.9% des émissions de CO2 si les subventions étaient supprimées. « C’est équivalent aux émissions actuelles combinées de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne » rappelle l’AIE.

Ce qui freine les investissements dans le champ des énergies renouvelables, explique Michael Liebreich, directeur exécutif de Bloomberg New Energy Finance, est justement la question des subventions gouvernementales. « Les principaux investisseurs ont peur que les énergies renouvelables ne puissent fonctionner qu’avec l’appui des gouvernements », déclare-t-il dans un rapport récemment publié par son département.

La volonté politique existe

De plus en plus de grands projets de développement d’énergies renouvelables voient tout de même le jour, souligne cette étude de Bloomberg. Ainsi, l’Allemagne s’est donné pour objectif de viser le tout-renouvelable d’ici 2050 et met d’importants moyens pour y parvenir. Les Etats-Unis ont également mis sur la table 18.2 milliards de dollars (13.8 milliards d’euros) en 2009 pour favoriser le développement des biocarburants et des énergies renouvelables, malgré les récentes difficultés du président Obama à faire passer devant le Sénat des réformes environnementales plus audacieuses. Sans compter la Grande-Bretagne qui se veut exemplaire en la matière, à en juger les ambitions de son nouveau Premier ministre David Cameron.

Ce fossé entre énergies fossiles et renouvelables devrait « sérieusement se réduire » en 2010, à en croire cette étude. D’un côté la baisse du prix du pétrole devrait permettre de revoir à la baisse le montant des investissements dans ce domaine par des pays comme la Chine. De l’autre, plus rassurant, Bloomberg pointe d’importantes réalisations et projets des différents gouvernements dans le domaine des énergies renouvelables, pour un montant total de 188 milliards de dollars (142 milliards d’euros). Ceci devrait permettre de résoudre en partie ce déséquilibre.

Autre point – méthodologique celui-ci – qui permet de nuancer le constat de Bloomberg : « mis à part le fait que dans bien des cas les énergies renouvelables s’autofinancent – comme par exemple le cas des éoliennes bien placées et des plants de canne à sucre brésiliens pour la production d’éthanol – cette analyse montre que les subventions directes des gouvernements pour les énergies fossiles sont dix fois supérieures à celles accordées aux énergies renouvelables ». Voilà qui devrait permettre de rassurer les grands investisseurs inquiets de la dépendance aux subventions.

Vos réactions



Gratuit !

Les services Quelle Energie :

House-dpe-blue

Découvrez les solutions d'économie d'énergie adaptées à votre logement
Faire le test

Calculatrice-blue

Calculez vos aides et subventions
Calculer mes aides

Quotation-blue

Rencontrez des artisans qualifiés
Demander un devis gratuit


Avis des internautes (1090)

8,6/ 10

Afficher tous les avis

A PROPOS DE CET ARTICLE

Les lecteurs ont aussi aimé :