Scandales pétroliers au sein du gouvernement

Le pétrole et autres ressources fossiles gisant sur le territoire français attisent toujours autant les convoitises malgré des investissements colossaux nécessaires à leur extraction. Cet appétit sans fin serait peut-être la cause du remaniement ministériel prématuré qui a frappé la ministre de l’écologie et de l’énergie. Nicole Bricq a en effet été évincée de ce ministère et remplacée par Delphine Batho. L’explication officielle est surprenante : Nicole Bricq considère sa nouvelle affectation au ministère du Commerce extérieur comme une promotion. Le choix du premier ministre de nommer Delphine Batho à la tête de ministère de l’écologie est tout aussi surprenant. La nouvelle ministre ainsi propulsée ne s’est jamais illustrée sur les questions de l’énergie et du développement durable au cours de sa carrière politique. Alors pourquoi un tel rebondissement alors que Nicole Bricq avait fait preuve de volontarisme sur des sujets tels que la refonte du code minier et la suspension des forages de Shell au large de la Guyanne ?

De puissants intérêts économiques

Mi-juin, Madame Bricq avait décidé de retarder l’exploration d’un bassin pétrolier découvert en 2011 à 150 Km au large de la Guyane française car la ministre avait estimé que l’impact écologique n’était pas suffisamment pris en compte. Pourtant, ce gisement potentiel d’hydrocarbures suscite un espoir immense pour les pétroliers impliqués dans ce projet (joint-venture entre le groupe Shell, Total et Tullow Oil) : 300 millions de barils pourraient en être extrait. Les retombées économiques intéressent également les politiques locaux qui espèrent la création de nombreux emplois et la collecte de taxes. D’où le revirement politique une semaine à peine après la décision de Nicole Bricq : les deux arrêtés préfectoraux nécessaires à l’exploitation du bassin pétrolier ont été signés. La suspension des forages de Shell en Guyane aura donc été de courte durée. Suite à ce changement de cap, France Nature Environnement apporte son explication :

« Il est difficile de ne pas voir l’éviction de Nicole Bricq comme la conséquence possible d’un lobby efficace mené par l’industrie pétrolière »

D’autres réactions de la part de certains politiciens reprennent cette actualité notamment Nathalie Kosciusko-Morizet. L’ancienne ministre de l’Ecologie a en effet déclaré : « Si Nicole Bricq a été remplacée, c’est parce qu’elle s’est opposée au forage pétrolier en Guyane. Le gouvernement a licencié la ministre sur l’injonction d’un lobby. »

Ressources fossiles, je t’aime moi non plus !

Nicole Bricq souhaitait également s’attaquer à la refonte du code minier car celui-ci est dépassé en matière de protection de l’environnement. Cela s’avère d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de l’exploitation des gisements non-conventionnels tels que les forages de Shell au large de la Guyane ou encore les gaz de schiste. Officiellement, Delphine Batho a déclaré qu’elle comptait poursuivre ce travail. L’ancienne ministre socialiste avait par ailleurs diffusé une carte des demandes et des permis attribués par soucis de transparance. Mais qu’en sera-t-il de l’exploitation des gaz de schiste sur le sol français ? L’interdiction de l’usage de la fracturation hydraulique pour la recherche de gaz et d’huile de schiste datant de juillet 2011 tiendra-t-elle ? Aux Etats-Unis, sur 3% de croissance du PIB, 1% provient des gaz de schiste. Le gouvernement français actuel prônant un discours de croissance serait peut-être tenté de lever cette interdiction… D’autant plus que grâce à ces exploitations, le gaz nord-américain est devenu deux fois moins cher que le gaz consommé en France (importé en grande partie de Russie). De nouvelles polémiques pourraient donc refaire surface d’ici peu de temps. Malheureusement, impossible de déterminer quelle ligne politique précise adoptera le gouvernement en matière de politique énergétique : un programme énergétique assez flou entraîne toujours des déceptions !

Vos réactions

29 Juin

Le collectif citoyen et apolitique « Or bleu contre Or noir », siégeant à Cayenne, Guyane Française, s’élève contre ce projet. Nous demandons la suspension des activités pétrolières en cours, au large de nos côtes et un moratoire sur l’attribution de permis de recherche en mer, sur l’ensemble de la ZEE française. http://or-bleu-contre-or-noir.org/

Collectif Or bleu contre Or noir
29 Juin

Je suis totalement opposé à ces forages et l’exploitation à haut risque de ce pétrole qui semble rendre tout les financiers et politiques très nerveux.
Les multinationales pétrolières sans scrupules ont eu raison de la ministre et se sont mis les élus locaux en poche.
Les guyanais ne se laisseront pas faire.
à bon entendeur salut!!!

tortue luth
02 Juil

@Collectif Or bleu contre Or noir : Nous vous soutenons dans ce combat difficile mais nécessaire !

Clément Blasco
21 Mar

Les seules énergies qui ne produisent pas des gaz à effet de serre sont l’hydroélectrique et le nucléaire. Les énergies vertes doivent être appuyées par la même puissance en énergie fossile.
Dommage, il existe des solutions nucléaires sans risque, mais qui ne produisent pas de combustible pour faire des bombes (thorium).
Grâce à la charria écolo, le réchauffement climatique devrait augmenter, ça permettra de faire des économies de chauffage dans les pays froids !

Samailloute



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