La baisse des prix du gaz va-t-elle continuer en 2016 ?

La baisse des prix du gaz va-t-elle continuer en 2016 ?

Depuis 2014, les prix du gaz connaissent une baisse régulière, en corrélation avec la chute du cours du baril de pétrole. En bout de chaîne, c’est le client final, particulier ou professionnel, qui profite de ces baisses : au-delà des tarifs réglementés pratiqués par le fournisseur historique de l’État, les fournisseurs indépendants s’adaptent à cette courbe baissière en proposant des offres avantageuses pour les consommateurs. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2016.

Prix du gaz : une baisse régulière depuis 2014

En termes de prix du gaz naturel, l’année 2016 commence bien : pour le 4e mois consécutif, la Commission de Régulation de l’Énergie a annoncé une baisse des tarifs réglementés de 3,72 % en moyenne. Une baisse qui se divise comme suit :

  • – 1,2 % pour les consommateurs de gaz pour la cuisson ;
  • – 2,3 % pour un double usage cuisson et eau chaude ;
  • – 3,8 % pour le chauffage.

(Source : Commission de Régulation de l’Énergie.)

Cette bonne nouvelle prolonge une tendance baissière qui a démarré voici deux ans. C’est, en effet, en 2014, après presque une décennie de hausse (près de 80 % entre 2005 et 2013), que les prix du gaz ont commencé à baisser de façon régulière. En 2015, les prix du fournisseur du gaz historique ont ainsi enregistré une diminution de plus de 10 %. En tout, du 1er janvier 2015 au 1er avril 2016, les tarifs réglementés ont baissé en moyenne de 18,6 %.

Le consommateur est donc en première ligne pour bénéficier de cette baisse continue des prix du gaz, car non seulement les tarifs réglementés s’en ressentent (ce sont les tarifs communiqués par la CRE), mais en outre, les fournisseurs indépendants en profitent pour proposer des offres avec des prix du gaz naturel très avantageux pour les particuliers et les professionnels.

Comment expliquer cette baisse du prix du gaz ?

La baisse des prix du gaz va-t-elle continuer en 2016 ?

Cette baisse notable s’explique de deux façons :

  • La diminution du prix du gaz sur les marchés de gros ;
  • La chute du cours du baril de pétrole, passé de 100 euros en juin 2014 à 30 euros en mars 2016.

L’essentiel du gaz que nous consommons provient de Russie, d’Algérie et de Norvège. Les achats par les compagnies françaises se font en général de gré à gré, via des contrats qui s’exécutent à long terme – 20 ou 30 ans. Ces longues durées sont rendues nécessaires par les besoins de sécurisation des deux côtés : l’acheteur veut assurer son approvisionnement, et le vendeur a besoin de débouchés sur un très long terme afin d’amortir les coûts d’exploration, d’exploitation et de transport.

Le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole pour la raison suivante : le gaz naturel n’est pas un bien à usage captif. Cela signifie que son usage est entièrement substituable par les produits pétroliers. C’est pourquoi des mécanismes d’indexation , avec quelques mois de décalage dans le temps, permettent de le valoriser en fonction des prix de son substitut. Le cours du baril du pétrole étant en chute libre depuis 2014, les prix du gaz ont naturellement suivi.

Or, depuis 2009, s’y ajoute une autre donnée : une déconnexion perceptible entre les prix de gros du gaz et des produits pétroliers. En substance, les premiers baissent plus vite que les seconds. Cela est dû, entre autres raisons, à l’essor des gaz non-conventionnels (gaz de schiste) aux USA et à l’émergence des marchés de gros du gaz en Europe. De fait, les fournisseurs européens tentent actuellement de renégocier leurs contrats gaziers dans le but d’indexer un peu plus les tarifs sur les prix du gaz, et un peu moins sur ceux du pétrole. Avec d’autres fournisseurs français, le fournisseur de gaz historique en a récemment fait la demande auprès du producteur russe Gazprom (à lire dans cet article).

Comment les tarifs réglementés sont fixés en France ?

Le gaz naturel répond à des tarifs réglementés : ce sont les tarifs proposés par le fournisseur historique Engie (ancien GDF-Suez), fixés par l’État. Ceux-ci évoluent tous les mois (depuis une loi de 2013) en fonction d’une formule tarifaire elle-même fixée par arrêté ministériel. Cette formule est basée sur les coûts divers :

  • Coûts d’approvisionnement sur le marché de gros (la moitié du coût total) ;
  • Frais de transport et de distribution ;
  • Taxes (CTA, CTSSG, TICGN, TVA) ;
  • Stockage et commercialisation, puis distribution au client final.

Le saviez-vous ?



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Les coûts d’approvisionnement sont eux-mêmes divisés comme suit :

  • Prix du gaz sur le marché du gros (2/3 du prix total) ;
  • Cours du baril du pétrole (1/4) ;
  • Prix du fioul domestique (1/20) ;
  • Taux de change euro/dollar (1/20).

Ces tarifs réglementés ne sont valables que pour les opérateurs historiques. Les fournisseurs indépendants peuvent proposer des offres avec des tarifs du gaz plus avantageux que les tarifs réglementés. En général, ces offres se découpent selon trois formules :

  • Les offres à prix indexé (prix du KWh inférieur à celui des tarifs réglementés) ;
  • Les offres à prix fixe (prix du KWh hors taxes stable dans le temps, idéal pour se mettre à l’abri des hausses) ;
  • Les offres à prix fixe révisable à la baisse (le client est gagnant à tous les coups, puisqu’il profite des baisses sans subir les hausses).

La baisse des prix du gaz va-t-elle continuer en 2016 ?

À noter que les tarifs réglementés ont complètement disparu pour les professionnels qui ont désormais l’obligation de souscrire à une offre à prix libre.

La baisse des prix du gaz va-t-elle se poursuivre en 2016 ?

Pour les quelques 6,65 millions de foyers français qui consomment du gaz naturel, et dont les factures sont fortement impactées par les fluctuations des tarifs du gaz, l’enjeu est essentiel : cette tendance baissière va-t-elle se poursuivre en 2016 ?

Dans l’absolu, oui. Les causes de cette diminution sont conjoncturelles : les États-Unis vont continuer à extraire du gaz non-conventionnel, de nouvelles réserves pourraient être découvertes et, en parallèle, le cours du baril de pétrole devrait poursuivre sa chute (voir ici). En outre, tout renversement de la situation prendrait des mois à impacter les tarifs, donc la facture finale du consommateur.

Sauf que les tarifs du gaz sur le marché de gros ne sont pas l’unique critère à prendre en considération. Les taxes jouent un rôle non négligeable sur la facture finale. Ainsi, la TICGN (Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel), prélevée directement auprès des consommateurs, a subi une augmentation telle au 1er janvier 2016 qu’elle a absorbé, en partie, le gain de la diminution des mois précédents (elle a représenté 1,7 €/MWh). Cette hausse soudaine s’explique également par le fait que la TICGN, à la même date, a fusionné avec deux autres taxes : la CTSSG (Contribution au tarif spécial de solidarité) et la CSPG (Contribution au service public du gaz)… Qui ont, elles aussi, augmenté au 1er janvier.

Si les tarifs du gaz baissent effectivement, le jeu sur les fluctuations des taxes françaises pourrait bien avoir un impact négatif sur la facture finale, en freinant la diminution des prix du gaz. De quoi alimenter des réflexions proches de celles qui ont trait aux prix du pétrole, qui ont l’étrange particularité de baisser bien moins vite que le cours du baril. Et pousser ainsi de plus en plus de consommateurs à abandonner le fournisseur historique pour aller voir les fournisseurs indépendants.

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24 Nov

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