Programmation Plurianuelle de l’Energie: l’interview d’Arnaud Leroy

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L’Ademe a présenté le 22 mai son cahier d’acteur dans le cadre du débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Pour son président, Arnaud Leroy, la transition énergétique ne peut réussir que si l’on se donne les moyens de nos objectifs. Interview.

Quelles sont vos principales préconisations dans votre cahier d’acteur ?

Il y en a deux. La première, essentielle si l’on veut atteindre les objectifs, est une baisse de la consommation d’énergie. La seconde est le développement, un peu conséquent, des énergies renouvelables sur notre territoire.

« C’est le rôle de l’Ademe d’inciter les Français à consommer moins mais surtout mieux. »Concrètement, nous préconisons une réduction de 30% la consommation nationale d’énergie entre 2016 et 2035, et une multiplication par deux de la part des énergies renouvelables entre 2016 et 2028, en augmentant leur production de 70%, pour la porter de 290 Térawattheures (TWh) aujourd’hui à 490 TWh.

Ces 200 TWh supplémentaires proviendront essentiellement de cinq sources : l’éolien, le solaire, le bois énergie, la méthanisation et les pompes à chaleur.

Et par conséquent nous préconisons le développement des multi-technologies des filières de l’éolien, du photovoltaïque, de la biomasse.

La baisse de la consommation, qui est un peu l’angle mort des politiques énergétiques en France, est un message comportemental que nous suggérons. C’est le rôle de l’Ademe d’inciter les Français à consommer moins mais surtout mieux.

Du côté de la question de la chaleur, qui compte actuellement pour 46% de la consommation totale d’énergie finale en France, il y a beaucoup de choses à faire à travers la récupération et la valorisation.

J’ajoute que les cibles du mix énergétique sont déjà affirmées par la loi. L’idée est de tenir ces objectifs. Nous n’entraînons pas une course ad vitam eternam à des objectifs sans qu’on soit capable de remplir des objectifs déjà assignés. Il faut maintenant se donner les moyens.

Baisser de 30% la consommation d’énergie en France, ce n’est pas anodin !

C’est un objectif ambitieux en effet ! Cette préconisation n’est pas faite pour embêter les consommateurs et les industriels. Il faut se replacer dans un contexte global de lutte contre les changements climatiques.

Soit nous prenons le taureau par les cornes, soit on diffère une fois de plus. Cette question de l’efficacité énergétique, résultante de la baisse de la consommation, est un gros sujet de débat actuellement à Bruxelles.

Si nous voulons embarquer nos entreprises, notre appareil productif dans la compétitivité, il faut aussi aborder cette question de la baisse de la consommation énergétique dans la compétitivité de l’économie française. Tout fait sens.

Sur la mobilité électrique, comment convaincre les Français à passer au véhicule électrique ?

Le véhicule électrique est un chapitre parmi tant d’autres.

Nous préconisons d’avoir une réflexion sur l’usage du véhicule, au-delà de sa motorisation. Un véhicule électrique est extrêmement rentable s’il n’est pas utilisé de manière intensive.

Le terrain de jeu du véhicule électrique est aussi un élément important. Le territoire métropolitain péri-urbain est à différencier des zones rurales où l’on peut travailler sur autre chose, comme par exemple l’hydrogène ou des véhicules collectifs plus développés.

Sur la précarité énergétique, comment limiter les inégalités notamment dans les zones rurales et dans les zones insulaires ?

Dans les zones insulaires, nous étudions toutes les PPE dans les ZNI (Ndlr : Zones non interconnectées) où il y a une politique affichée du gouvernement de tendre vers des autonomies énergétiques.

« Soit nous prenons le taureau par les cornes, soit on diffère une fois de plus. »Cela implique la limitation de l’import de produits fossiles. Si je prends le cas de la Corse, qui est une ZNI, il faut développer les installations de petite taille comme des chaufferies bois, du solaire photovoltaïque thermique.

Le recours à la biomasse et à la méthanisation, en liant un changement de modèle agricole, sont des pistes intéressantes.

Dans les territoires ultramarins, on assiste EDF qui a une vocation de service public pour pouvoir trouver des scenarii qui fassent sens.

Sur la précarité énergétique, il faut voir comment va se mettre en place le Plan rénovation qu’a lancé l’Etat.

Le plan solaire d’EDF va-t-il dans le bon sens ?

Ce plan est tout à fait intéressant. Après, il faut le réaliser ! Ce plan doit être mené en équilibre avec une filière qui existe. Objectif : développer l’innovation et retrouver un équilibre territorial.

Le plan hydrogène annoncé est-il une nouvelle clé pour réussir la transition énergétique ?

Je pense que c’est essentiel. Si je prends le transport de colis lourds, aujourd’hui assuré par voie fluviale, par voie routière, qui engendre de la pollution à cause du mazout, il faut trouver des alternatives.

Certains ont pensé au GNL (Gaz naturel liquéfié). Là, nous voyons qu’avec l’hydrogène, nous pourrions ajouter une brique sur ces sujets là. La feuille de route gouvernementale est à mes yeux très intéressante.

Energie solaire

Article de notre site partenaire « Le Monde de l’Energie ».

Média participatif traitant toute l’actualité liée à l’énergie en France et dans le monde, et donnant la parole à des spécialistes des énergies renouvelables, de l’éolien, du solaire, des smart grids…

 

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