Copenhague 2009 : pouvait-on espérer une issue positive ?

Article publié le 23 décembre 2009 par Jérôme Calot

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Sommet de Copenhague 2009
Echec Copenhague
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le sommet de Copenhague s’est bien achevé sur un consensus entre les 192 pays participants. En effet, tout le monde s’accordait pour parler d’un échec, d’un gâchis voire même d’un scandale après 2 semaines de négociations.

L’accord obtenu « à l’arraché » par les principales puissances n’a pas été ratifié par l’ensemble des participants, contrairement à ce qui avait été annoncé au départ. Ces quelques pages ressemblent plus à une déclaration de bonne intention qu’à la création d’une véritable dynamique de lutte contre le changement climatique. En substance, il s’agit de reconnaître la réalité de ce changement et d’affirmer la nécessité de venir en aide aux pays les plus pauvres. Aucun engagement commun sur la réduction des gaz à effet de serre, une promesse incomplète sur les montants mobilisés pour l’aide aux pays en développement, des déclarations floues sur les sources de revenus et la feuille de route pour ces prochaines années. On peut comprendre la frustration de ceux qui mettaient tant d’espoir dans cette conférence : la montagne a accouché d’une souris.

Mais était-il vraiment raisonnable de penser qu’un accord était possible ? Les clivages Nord-Sud sont connus depuis longtemps sur la question du développement durable. Les pays comme la Chine ou l’Inde poursuivent leur développement à grande vitesse sans aucune intention de lever le pied. Malgré les déclarations d’intention de Barack Obama, les Etats-Unis restent immobilisés sous la pression des grands lobbies du pétrole ou de l’agro-business.

Au-delà de la lutte contre le dérèglement climatique, il faut se poser la question plus générale du fonctionnement des instances de l’ONU. Dans l’histoire de l’organisation, a-t-on déjà observé une position commune de tous les pays membres qui induise des changements profonds et des obligations fortes pour chacun ? La plupart des « productions » de l’ONU sont des résolutions qui n’ont que peu de valeur juridique (par exemple : plus d’une centaine de résolutions non-appliquées sur le conflit israélo-palestinien) et qui n’impliquent pas la totalité des pays membres. On a bien vu à Copenhague que les rares avancées dans les discussions étaient obtenues lors de réunions de travail limitées à quelques pays, avancées que certains délégués s’empressaient d’invalider sous prétexte qu’ils n’avaient pas pris part à la réflexion. C’est donc le mode de fonctionnement de ces grands rendez-vous qui est sans doute à réinventer.

Le fiasco de Copenhague est peu à peu reconnu par tous les participants, après le positivisme de façade des grands dirigeants politiques. L’ONU avait été créée suite à un traumatisme vécu par le monde entier : deux guerres mondiales en quelques dizaines d’années. Il n’est malheureusement pas impossible qu’il faille attendre un autre traumatisme, climatique celui-ci, pour que les dirigeants de la planète se retroussent les manches et prennent enfin leurs responsabilités.

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L’Afrique exprime ses frustrations à Copenhague

Article publié le 15 décembre 2009 par Jérôme Calot

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Sommet de Copenhague 2009
planète AfriqueLe début de la dernière semaine de négociations à Copenhague a été marquée par un regain de tension entre pays industrialisés et pays en développement. Les délégués des 53 nations africaines ont brièvement suspendu leur participation aux débats et aux séances de travail lundi 14 décembre.

La situation de l’Afrique a toujours été vécue comme un douloureux paradoxe par ses habitants. Responsable de seulement 3.6% des émissions de gaz à effet de serre (GES), ce continent est pourtant l’un des premiers à ressentir les effets du réchauffement climatique, notamment à travers les désastreuses vagues de sécheresse qui frappent durement les populations locales. Les représentants africains comptent bien rappeler aux pays industrialisés leur responsabilités, et faire pression dans les négociations pour décrocher une aide financière significative.

En effet, les promesses faites jusqu’ici ne semblent pas suffisantes : alors que l’Europe s’est engagée sur une aide de 7.2 Mds €, le président de la banque africaine de développement Donald Kaberuka estime à 40 Mds $ / an les besoins de l’Afrique pour combattre le dérèglement climatique. Les nations africaines ne manquent pas d’idées, mais de moyens.

La principale inquiétude des délégués africains reste la disparition annoncée du protocole de Kyoto : leur projet de prolonger les engagements des pays développés jusqu’en 2020 se heurte aux désaccords des principaux intéressés. Les grands pollueurs non-signataires ne seraient toujours pas contraints à faire des efforts (USA, Chine, Inde, Brésil…), le Japon et l’Australie ne veulent pas s’engager davantage sans les Etats-Unis. L’Europe quant à elle refuse d’être seule à « graver ses engagements dans le marbre », selon la formule de Brice Lalonde (chef de file des délégués Français à Copenhague).

L’Union Européenne reste persuadée qu’un front commun Europe – Afrique – Brésil serait salutaire pour avancer des propositions concrètes à l’issue de cette semaine. Suite à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Meles Zenawi (Premier Ministre Ethiopien, représentant l’Afrique à Copenhague), les deux pays lancent aujourd’hui un appel conjoint pour « un accord ambitieux », faisant mention :

  • d’une réduction de 50% des émissions de GES à horizon 2050, par rapport à 1990 ;
  • de la création d’un fonds de 30 Mds € sur 3 ans, principalement pour l’Afrique et la lutte contre la déforestation ;
  • de la création d’une taxe sur les transactions financières, comme source d’aide publique pour les pays en développement ;
  • de la mise en place d’une Organisation mondiale de l’Environnement.

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Copenhague 2009 : les échos du 9 décembre

Article publié le 9 décembre 2009 par Jérôme Calot

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Sommet de Copenhague 2009

Un document danois officieux ravive les tensions Nord-Sud
Le journal anglais The Guardian a publié hier un document attribué à la présidence danoise, qui semble être le fruit de négociations entre certains pays industrialisés pour trouver un accord à l’issue du sommet. Les autorités danoises – et notamment Connie Hedegaard, ministre danois du climat – ont beau indiquer qu’il s’agit d’une vieille version parmi d’autres, son contenu dérange les pays en développement et relance les oppositions Nord-Sud. Celles-ci vont assurément peser sur les discussions car la question de l’aide des pays riches aux pays en développement est un point capital du sommet.
>> Lire le texte danois

Même le logo de Copenhague 2009 peut fâcher !
Est-ce dans la stratégie de la Chine de faire monter la température déjà élevée du centre de conférence de Copenhague ? Le représentant de la délégation chinoise a déploré l’absence d’une mention au protocole de Kyoto sur le logo du sommet. Même si l’on peut comprendre l’importance du protocole de Kyoto pour les pays en développement, on a parfois l’impression que certains participants devraient se focaliser sur l’essentiel : trouver un accord ambitieux et réaliste d’ici le 18 décembre.

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Copenhague 2009 : les propositions à la loupe

Article publié le 8 décembre 2009 par Jérôme Calot

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Sommet de Copenhague 2009

Alors que le sommet de Copenhague s’est ouvert hier, Greenpeace a voulu comparer les propositions concrètes des grands chefs d’état par rapport aux recommandations des scientifiques. Les résultats de ces travaux sont accessibles à travers cette animation :

Les limites de l’enquête

L’analyse réalisée par l’organisation est intéressante mais l’objectivité de l’enquête fait parfois place à une partialité dérangeante :

- Le Brésil est accusé de n’avoir aucune réserve forestière intégralement protégée. Or en 2006, Greenpeace se félicitait déjà des avancées du programme ARPA (Amazon Region Protected Areas Program) qui constitue aujourd’hui la plus vaste réserve naturelle au monde. WWF et la Banque Mondiale saluent également cette initiative qui crée des zones forestières strictement protégées, et met en oeuvre des politiques d’exploitation raisonnées dans certaines concessions forestières.

- Les îles Tuvalu sont présentées comme des champions du développement durable aux côtés des grandes puissances mondiales. La comparaison entre un petit pays de 26 km2 et les grands pollueurs de la planète est trop facile pour être honnête. Les engagements forts du Premier Ministre de Tuvalu sont louables, mais n’ont rien à voir avec la transformation profonde d’un marché industriel chinois ou indien. Facile dans ces conditions d’être le premier de la classe.

- Donner une note de 5,9/10 à la Chine – tout en soulignant le flou des propositions – est assez cocasse. La Chine propose en effet une réduction de son intensité carbonique (émissions polluantes par unité de PIB) de 40 à 45% d’ici 2020 par rapport à 2005. Cela signifie concrètement que les émissions continueront d’augmenter puisque l’économie chinoise n’est pas prête de stopper sa croissance.

- Le texte commun proposé par la France et le Brésil a pour but d’apporter un premier cadre de travail aux discussions de Copenhague. Cette initiative ne semble pas avoir retenu l’attention de Greenpeace, pas plus que l’engagement de la France en faveur de la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement.

- Le leader américain Barack Obama multiplie les signes positifs en direction des 191 autres pays présents au Danemark. Difficile pour l’instant de parler d’avancées significatives, mais mérite-t-il pour autant une note de 0,8/10 ?

- L’Inde est enfin créditée d’une note correcte (5,3/10) sans engagement concret, et sans proposition chiffrée. Quand on regarde le rapport détaillé de Greenpeace, on a l’impression que certains dirigeants suscitent plus de bienveillance que d’autres, malgré la même frilosité ambiante.

Espérons que les prochaines discussions permettront d’y voir plus clair dans les positions et les engagements de chacun.

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Premier aperçu des négociations de Copenhague

Article publié le 7 décembre 2009 par Anne Garcia

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Sommet de Copenhague 2009

La conférence mondiale sur le changement climatique a débuté cette semaine à Copenhague, réunissant 192 pays et pas moins de 30 000 participants. Elle s’est ouverte par un court-métrage fort, faisant appel à la sensibilité des enfants pour convaincre les adultes… un appel des générations futures ? En tout cas, un beau clin d’œil du réalisateur Mikkel Blaabjerg Poulsen : Lire la suite de cet article

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