Article publié le 24 septembre 2010 par Jérôme Calot
Mise à jour : pour la période du 1er octobre 2011 au 31 décembre 2011, le tarif d’achat de l’électricité d’origine photovoltaïque est désormais de 0,4063 € / kWh.
Le gouvernement a commandé il y a quelques mois un rapport sur la situation économique des énergies renouvelables, en particulier du photovoltaïque en France. L’objectif était de faire un état des lieux du marché et ainsi préparer au mieux la filière pour les années à venir. Le rapport a été rendu le 3 septembre 2010 : retour sur un avis mitigé et controversé.
Tout d’abord, il faut savoir que les prévisions du Grenelle pour 2020 indiquent que le photovoltaïque dans son ensemble (industriels, collectivités et particuliers) représentera 1,2 % de la consommation d’électricité en France soit 5.400 MWc. Un peu loin des ambitions de l’Allemagne, puisque le pays a prévu que le solaire représenterait 5 % de sa consommation (équivalente à celle de la France) dès 2012. Le rapport souligne que cette différence s’explique par un engagement plus précoce de nos voisins d’Outre-Rhin, et ce malgré un ensoleillement pas particulièrement favorable. De plus, la facilité de production et le faible coût de l’énergie nucléaire en France ne sont pas foncièrement incitatifs d’un point de vue économique. De plus, la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE) payée par chaque abonné à un distributeur d’électricité pour financer le tarif de rachat avantageux des producteurs photovoltaïques risque à terme de représenter un surcoût de 200 € par foyer en 2020, ce qui contribuera à étouffer les ménages sous les charges. Cela dit, le bureau d’étude Tecsol rapporte que le photovoltaïque ne représente aujourd’hui que 5,7 % de la CSPE, et ne devrait représenter à terme qu’un coût excédentaire de 4 € par foyer et par an.
Du point de vue de la croissance, le secteur du photovoltaïque ne représente que 10.000 emplois, et l’objectif de 50.000 emplois en 2020 ne paraît que peu réalisable en raison du manque de dynamisme de la production française. Il s’agit-là d’un des rares points où les experts sont (à peu près) d’accord. Sur d’autres, le rapport est critiqué de toutes parts, notamment sur les coûts réels de l’électricité d’origine nucléaire qui ne tient pas compte des investissements passés et futurs, ni du coût de traitement des déchets. Ainsi, les experts reprochent à M. Charpin de ne pas être impartial : aucune énergie renouvelable ne semble trouver grâce à ses yeux. Rappelons que M. Jean-Michel Charpin fut administrateur d’EDF de 1998 à 2004, et qu’il est actuellement administrateur d’ERDF… Toujours est-il que le rapport préconise :
Tout ceci combiné à la baisse des subventions déjà entreprises par le gouvernement pourrait bien mettre en péril la stabilité de la filière, et faire revoir à la baisse les objectifs en terme d’emplois et de parc solaire photovoltaïque. La légère avance sur l’objectif de 2020 a pu engendrer trop de croissance dans ce corps de métier et pourrait bien coûter à la France une période de stagnation, voire de régression pour le secteur du photovoltaïque…
Classé dans : Energie solaire, Grenelle de l'Environnement, Prix de l'énergie | Mots-clé : Charpin, CSPE, EDF, ERDF, photovoltaïque, rapport
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Deux liens intéressants pour rebondir sur ce thème :
- sur le coût réel du PV (que le rapport Charpin surestime consciemment ou inconsciemment) : http://www.slideshare.net/Photovoltaic/le-photovoltaique-augmentetil-lafacturedelectricite
- et une réponse plus longue et argumentée qui reprend point par point le rapport Charpin en essayant d’en donner un éclairage un peu différent : http://www.slideshare.net/Photovoltaic/le-rapport-charpinoulamortannonceedelafilierephotovoltaique
A vous de vous faire un avis à partir de ces visions opposées !