Article publié le 13 juillet 2009 par Anne Garcia
En dehors des installations de panneaux solaires photovoltaïques sur les toits des habitations, hangars ou autres, on commence à voir fleurir de véritables centrales photovoltaïques au sol. Des hectares de terrains uniquement dévoués à la production photovoltaïque. Le plan Borloo pour les énergies renouvelables compte encourager le développement de ces centrales avec la mise en place d’au moins une centrale par région pour 2011. Certains projets ont déjà vu le jour comme la centrale de Narbonne sur 23 ha.
On assiste donc à un véritable engouement de la part des investisseurs. Celui-ci est encore plus encouragé par le prix à la revente de l’électricité : 20 centimes d’euro le kWh et la quasi absence de réglementation pour l’installation de ces centrales.
C’est sur ce point que plusieurs voix s’élèvent contre le morcellement territorial et l’artificialisation des sols. En effet, le plan Borloo a pour objectif l’installation de 10 000 à 15 000 ha de centrales. Un chiffre qui fait entrer en concurrence les nouvelles centrales et les autres occupations du sol notamment agricoles. D’autant plus que les installations photovoltaïques peuvent être installées sur les toits !
Selon certains spécialistes, il est nécessaire de réglementer, à l’instar de l’éolien, l’installation et le développement de ces implantations qui n’ont aujourd’hui aucun frein (il n’est même pas nécessaire d’obtenir un permis de construire ni de faire une étude d’impact). Il faut garder une cohérence territoriale pour satisfaire au maximum les différentes occupations du sol entre agriculture, urbanisation et espaces naturels. La question se pose d’autant plus que les implantations représentent une vraie concurrence avec un tarif à l’hectare de 2 000 à 3 000 € tandis qu’un bail agricole atteindra 500 à 700 €.
Le Ministère de l’Ecologie a déjà publié un « guide de la prise en compte de l’environnement dans les installations photovoltaïques au sol ». Ce ne sera sans doute pas suffisant.
Affaire à suivre.
Classé dans : Développement durable, Electricité, Energie solaire, Grenelle de l'Environnement | Mots-clé : Centrales photovoltaïques au sol, Energie solaire photovoltaïque, Plan Borloo pour les énergies renouvelables, Solaire photovoltaïque
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En effet, il est souhaitable d’éviter des conflits d’intérêts concernant l’occupation des sols. Cependant, il s’agit de relativiser le réel impact foncier des grandes centrales solaires, comme le font les chiffres suivants :
Environ 15 000 hectares seraient nécessaires pour remplir les objectifs français de puissance solaire installée sur notre territoire (5,4 GWc d’ici 2020), en partant du principe extrême que l’intégralité de cette capacité soit installée au sol (c’est-à-dire en éludant totalement les installations sur toitures).
Or, cela équivauderait à moins de 0,03% de la superficie de la France métropolitaine et à moins de 0,05% de sa surface agricole utile (SAU). Sachant que, annuellement, 30 000 hectares de cette SAU sont abandonnés en moyenne par les exploitants et que 66 000 sont « urbanisés », les centrales solaires ne représentent pas vraiment la plus grande des menaces pour notre agriculture.
Enfin, concernant la forêt française, elle ne devrait pas être remplacée par des panneaux : En métropole, elle gagne en moyenne 40 000 hectares par an, soit 400 000 (si elle conserve ce rythme) d’ici 2020…largement compensateurs des très hypothétiques 15 000 hectares de panneaux sur la même période.