Une gigantesque décharge au cœur du Pacifique

Article publié le 30 juin 2011 par

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déchet pacifiqueUn séisme exceptionnel a frappé le Japon le 11 mars 2011 provoquant un puissant tsunami. La vague géante a pénétré jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres submergeant plus de 560 km² de terres. Elle a détruit infrastructures, habitations, usines, équipements, entrepôts, véhicules… En refluant, elle a également entrainé avec elle de nombreux déchets : avions, bateaux, voitures, réservoirs, jerrycans, bombes aérosols etc. Ils flottent désormais dans les eaux du Pacifique alimentant un peu plus le « 6ème continent », une immense décharge de débris qui fait plus de deux fois la taille de la France.

Le voyage des déchets

Les plus gros et lourds déchets ont sombré au fond des océans, quand les plus légers, comme les milliers de bouteilles en plastique, les pare-chocs ou les emballages alimentaires flottent et sont entraînés par le courant du Pacifique Nord qui forme une boucle dont le tour complet sera fait en dix ans. Mais ils vont finir par s’entasser dans des zones d’accumulation et par être piégés dans des courants circulaires. Ainsi, les déchets atteindront le nord des côtes de l’archipel Hawaii dès le printemps prochain et ils se retrouveront vers les côtes de l’Alaska d’ici deux ans. Encore deux ans seront nécessaires à leur dérive pour atteindre le sud des côtes californiennes.

Un véritable danger

Les objets les plus lourds ont coulé en déversant tous les produits et substances chimiques et toxiques qu’ils contiennent. Selon l’association écologiste, Robins des Bois, une voiture peut rejeter plus de 30 litres d’essence en mer. Or, il ne s’agit pas d’une voiture mais de 20 000 à 40 000 qui ont échoué au fond de l’océan ! Certains déchets sont particulièrement dangereux tels que les appareils électriques ou électroniques qui déversent dans les eaux des polluants persistants comme les PCB (polychlorobiphényls). Les risques de collision entre de gros déchets et des navires de surface ou des sous-marins ne sont pas non plus à négliger.

A cela s’ajoute le danger évident pour les animaux. En effet, ces déchets leurrent les poissons, les mammifères marins et les oiseaux qui risquent de s’étouffer en les ingurgitant. Ils risquent aussi des pertes d’appétence et des troubles de la mobilité. Enfin, l’association craint que les milliers de filets et autres outils de pêche arrachés aux quais et aux épaves des bateaux par le tsunami soient responsables pendant des décennies d’une sorte de « pêche fantôme », capturant par milliers des mammifères marins, des oiseaux et des espèces menacées d’extinction.

Un appel à la prise en charge internationale

L’association estime que le tsunami a laissé 25 millions de tonnes de déchets terrestres qui relèvent de la responsabilité des autorités japonaises. Or les déchets qui sont désormais en eaux internationales concernent, eux, toute la communauté internationale. Elle met ainsi l’accent sur l’importance de mettre en place des conventions et des moyens logistiques d’assistance mutuelle pour collecter les flux de déchets qui rejoignent la mer.

Crédit photo : Marine Insight

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