Le photovoltaïque compétitif en 2012 ?

Article publié le 8 décembre 2011 par

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Panneaux solairesLa filière photovoltaïque française a subi en 2011 le plus grand revers de toute son histoire. Alors que le moratoire décidé par le gouvernement fin 2010 avait anéanti toute visibilité à court et moyen terme des acteurs du solaire, on estime à 10.000 la perte d’emplois du secteur en 2011. La filière enregistre sa première baisse d’activité depuis 5 ans. Face à ces constats plutôt alarmistes, d’autres chiffres nous prouvent le contraire et tendent vers un avenir beaucoup plus ensoleillé. En effet, l’énergie solaire n’est pas condamnée à subsister uniquement grâce aux aides de l’Etat.

Une technologie compétitive bien avant 2020

Pour la France, la plupart des experts s’accordent à dire que l’énergie solaire aura atteint « la parité réseau » entre 2016 et 2020. Cela signifie que son coût de production sera égal voire inférieur au coût du marché classique sans avoir recours à des subventions. Cette prévision est basée sur une évolution telle que le marché évolue à l’heure actuelle : baisse des coûts de production et augmentations constantes du prix des énergies fossiles. Pour d’autres pays, on estime que le photovoltaïque sera compétitif dès 2013 dans certaines régions d’Italie et 2015 pour l’Espagne. Mais d’autres facteurs peuvent jouer pour tendre vers une parité réseau beaucoup plus précoce. Il pourrait être atteint dès l’année prochaine!

Des coûts de production tirés vers le bas

En 2010, l’Europe pesait 80 % du marché mondial photovoltaïque. L’année 2011 a vu un transfert de la demande vers les pays en plein boom économique tels que la Chine. Ce dernier concentre désormais à lui seul la moitié de la production mondiale de panneaux photovoltaïques. Les capacités de production ont donc augmenté ce qui a entraîné des économies d’échelle considérables. En juin 2007, le coût d’achat d’un panneau solaire variait entre 3 € et 3,20 € par Watt. Il est désormais entre 0,60 € et 0,80 €. L’année prochaine, les prévisions indiquent que ce coût tombera probablement à 0,50 € par Watt. Cette chute des prix a été difficilement soutenable pour certains acteurs de la filière en particulier en France où les usines de panneaux solaires ont presque toutes fermées.

Un modèle à réinventer

Le Grenelle de l’Environnement avait pour objectif d’ici à 2020 d’installer 5.4 GW de panneaux solaires. Et c’est seulement au cours de l’année 2011 que la barre symbolique du premier Giga Watt installé dans l’Hexagone a été atteinte (973 MW en 2010). Pas de quoi crier victoire, en comparaison, les Allemands ont une capacité installée de près de 20 GW. Cette puissance, les professionnels français estiment qu’il est possible de l’atteindre en 2020. Cela permettrait de créer 100.000 emplois en installant 2.5 GW de panneaux solaires par an. Pour relancer l’activité en 2012 de nombreuses initiatives sont prises. Un nouveau modèle économique porté par l’ESTER (Electricité Solaire des Territoires) en est un exemple. Ce modèle a la particularité d’être viable dès 2012 sans subventions en faisant baisser le coût de l’électricité solaire produite localement. Cela est possible grâce à deux facteurs :

  • Le lissage sur 30 ans et non sur 20 ans d’une installation avec un tarif de rachat garanti à 0,10€/kWh
  • Un coût de fabrication optimisé : fabrication des panneaux en France

L’industriel Solaire Direct en partenariat avec la région Poitou-Charentes va donc ouvrir une usine de production de panneaux solaires dès l’année prochaine. Cet engagement marque le renouveau de la filière vers un système moins dépendant des subventions. Le photovoltaïque est donc amené à être compétitif par rapport aux autres technologies dans un avenir très proche.

L’association Européenne du photovoltaïque (EPIA) estime que d’ici à 2030, 14 % de la consommation mondiale d’électricité proviendra du soleil. Cette énergie gratuite et inépuisable est donc promise à un bel avenir car elle sera plus abordable que les énergies fossiles, devenues hors de prix.

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6 Commentaires pour cet article :

1.  Le 10/12/2011 à 12h53, Verdoux a dit :

Pour la « parité réseau », on se fonde en général sur le tarif résidentiel moyen, qui est différent du tarif des gros industriels ou de celui du marché de gros (échanges entre compagnies d’électricité).

D’un autre côté, les tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque varient selon la puissance de l’installation.

Sur la base du tarif résidentiel moyen, la parité réseau est atteinte en 2011 avec les installations solaires de 1.000 kW sur toiture. Elle le sera en 2012 pour les installations de 100 kW. En 2013, ce sera le cas pour les installations solaires de toutes tailles et pour tous les tarifs d’achat.

Voir le tableau : http://energeia.voila.net/solaire/parite_reseau.htm

En Italie, ce sera dans la seconde moitié de 2015 que la parité réseau sera totale pour le résidentiel (tous tarifs, toutes installations photovoltaïques).

En France, ce sera le cas pour tous les tarifs résidentiels dès janvier 2012, à condition de considérer les seules installations qui ne sont pas intégrées à un bâtiment (donc au sol ou sur les parcs automobiles en plein air).

Bien plus tard, 2016 à 2020, pour les installations intégrées au bâti, selon la puissance, le type d’intégration, le type de bâtiment.

2.  Le 12/12/2011 à 11h08, Clément Blasco a dit :

Bonjour Monsieur Verdoux,
Merci pour ce lien vers une page bien documentée sur le sujet. En effet, les tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque varient selon la puissance de l’installation. (Tableau récapitulatif de ces tarifs : http://www.quelleenergie.fr/magazine/prix-energie/tarif-achat-pv-2012-8471/). Votre commentaire souligne l’importance de développer et d’encourager les installations solaires non intégrées au bâti. Depuis le moratoire, ce type d’installation n’a connu qu’une faible croissance du fait d’un manque de visibilité et d’investissement. Cordialement.

3.  Le 22/01/2012 à 18h46, gallet a dit :

Quelle garantie (fiable) sur le prix d’achat du Kw (un contrat se rompt ou on dissous la société qui l’a signée..?)
Combien coûte l’entretien (y compris remplacement des éléments fragiles ou à faible durée de vie ?
Je n’ai aucune confiance, quelles réponses pouvez-vous avancer sur les 2 questions précédentes.

4.  Le 23/01/2012 à 11h02, Clément Blasco a dit :

La réponse à votre première question est claire : en signant un contrat de rachat de l’électricité produite par vos panneaux, EDF s’engage sur un tarif de rachat fixe d’une durée de 20 ans en moyenne. Ce contrat entre EDF et vous peut donc être considéré comme une garantie fiable et surtout stable avec un prix de rachat fixe sur toute la durée du contrat. Ma seconde réponse est peut-être moins tranchée mais suffisante pour vous donner confiance : la durée de vie d’une installation solaire est comprise entre 25 et 30 ans. Certains installateurs témoignent de cette longévité en garantissant leurs installations entre 10 et 15 ans : remplacement du matériel si défectueux.

5.  Le 14/02/2012 à 18h35, nzatsi a dit :

J’ai un projet d’envergure donc important avec les responsables politique de mon pays dont le Gabon. Je veux des devis concernant toute l’installation en un champ pour élétrifier tous les villages environnant donc : les sections câbles, de commandes et puissances, le reste du câble d’installation, le nombre de batteries, ainsi que la maintenance de ce champ.

6.  Le 15/02/2012 à 10h21, Clément Blasco a dit :

@nzatsi : Désolé nous ne réalisons pas ce type de projet ! Mais j’espère qu’il aboutira et fournira une énergie propre à tous.

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