Article publié le 26 septembre 2011 par Julien Nargeot
Le 9 septembre 2011, le pétrolier britannique Tullow Oil a découvert un gisement prometteur de pétrole au large de la Guyane française. Ce champ se situe à plus de 2.000 mètres de profondeur sous l’eau et 4.000 mètres de sédiments, ce qui en fait un gisement non-conventionnel au sens large du terme, ce qui inclue les risques inhérents à ce type de forage. Cela dit, l’intérêt économique d’une telle découverte pourrait valoir de prendre ce risque environnemental d’après le communiqué du pétrolier Total.
Cette phrase qui résumait parfaitement la pensée française dans les années 1970 suite à la décolonisation de ses seules « vraies » réserves de pétrole en Algérie pourrait très bien ne plus être vraie. L’idée est que ce gisement pourrait receler au moins 1.4 milliards de barils de pétrole en se basant sur les estimations d’exploitations « jumelles » au large du Ghana. Le pétrole y serait de bonne qualité, la fluidité permettant un écoulement et un pompage plus simple que certains pétroles de moins bonne facture. Cela tombe à pic pour nos pétroliers nationaux car la production pétrolière française est passée sous la barre des 20.000 barils/jour, ce qui représente moins de 1 % de la consommation. Le bilan est tellement catastrophique que Total songe même à abandonner les texanes de l’Essonne pour de plus « verts » pâturages.
La découverte d’un gisement aussi prometteur a permis un bond en bourse pour les groupes pétroliers concernés : + 11 % pour Tullow Oil, + 0.22 % pour Total. Le marché étant ces temps-ci en régression, cette nouvelle a sans doute permis à Shell de freiner sa chute avec « seulement » - 0.22 % en bourse. Le problème, c’est que ce forage à près de 6.000 mètres sous la surface de l’océan pose des problèmes de sûreté afin de ne pas reproduire le même schéma que dans le Golfe du Mexique avec la plateforme Deep Water Horizon. Un accident de cette ampleur au large de l’Amazonie pourrait avoir des conséquences absolument désastreuses sur la mangrove et serait cataclysmique sur la biodiversité. Est-ce que l’indépendance pétrolière de la France mérite de prendre un tel risque ?
Classé dans : CO2 | Mots-clé : gisement, Guyane, offshore, pétrole
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Et dans quelques années la Guyane ressemblera au Delta du Niger/Golfe de Guinée !
On avait déjà les ravages de l’orpaillage legal ou clandestin….
Allez-y continuez à consommer