Tollé contre le gaz de schiste

Article publié le 21 avril 2011 par

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gaz de schisteLa demande pour les sources conventionnelles d’énergies étant trop importante, l’intérêt pour les sources non conventionnelles telles que le gaz de schiste grandit. Celui-ci a la même utilité que le gaz classique. On le retrouve donc dans des solutions d’économies d’énergie comme la chaudière à condensation. Ce qui le différencie cependant du gaz classique, c’est son prix plus élevé à l’extraction. Quelle Energie revient sur la polémique autour du gaz de schiste.

Qu’est-ce que le gaz de schiste ?

Pour comprendre ce qu’est le gaz de schiste, il faut d’abord faire la distinction entre les ressources conventionnelles et les ressources non-conventionnelles. Dans le premier cas, le gaz naturel classique s’échappe des roches-mères confinées au sein de couches argileuses pour migrer vers des roches poreuses. Les hydrocarbures piégés constituent les « réservoirs conventionnels ». Le gaz de schiste est lui un gaz naturel, de type non conventionnel, c’est-à-dire qu’il est resté prisonnier de roches sédimentaires argileuses très compactes et très imperméables. Les gaz non conventionnels ne peuvent pas être exploités avec les modes de production classiques, mais avec une technique appelée fracturation hydraulique. Développée aux Etats-Unis, elle consiste à réunir les micro-poches en une unique poche de gaz pour ensuite les fracturer à l’aide d’un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques. Cela va permettre l’extraction du gaz. Cette méthode efficace reste cependant nocive pour l’environnement et la santé.

Les risques pour l’environnement et la santé

  • L’eau utilisée pour la fracturation contient des additifs dangereux pour la santé tels que des bactéricides ou encore des molécules cancérigènes difficiles voire impossibles à traiter.
  • En raison d’une mauvaise étanchéité des puits, les nappes phréatiques peuvent être contaminées par les rejets de produits chimiques et les hydrocarbures libérés. Par extension, l’eau potable, les cultures, les vignes aux alentours seraient également touchées.
  • La consommation d’eau pour la fracturation est considérable : chaque puits peut être fracturé plusieurs dizaines de fois et chaque fracturation demande entre 7 et 28 millions de litres d’eau.
  • Un risque sismique est en outre envisageable, car selon les géologues, la fracturation hydraulique peut venir « réveiller » des microfailles sismiques.

C’est pour ces raisons qu’associations et riverains se mobilisent pour protester contre l’exploitation de ces gisements. Ils revendiquent qu’une enquête publique et une étude d’impact soient réalisées avant tout octroi de permis de recherche. Pour le moment, quatre propositions de loi ont été déposées au mois de mars pour interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels par la technique de la fracturation hydraulique. Ces propositions seront examinées début mai à l’Assemblée avant de passer devant le Sénat en juin. D’ici là, le gouvernement a décidé d’un moratoire sur toute opération de fracturation hydraulique.

Les opposants au gaz de schiste entendent aussi mettre l’accent sur la sortie du nucléaire, les énergies renouvelables et les économies d’énergie.

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5 Commentaires pour cet article :

1.  Le 21/04/2011 à 14h15, JMB a dit :

En France, l’organisme le plus à même d’évaluer les risques environnementaux et sanitaires d’une telle exploitation est l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS).

A ma connaissance, à ce jour, cet institut n’a pas été mandaté par son Ministère de tutelle pour se pencher sur ce dossier.

Plus d’info. ici : http://bioecologie.over-blog.com/article-gaz-de-schiste-les-risques-environnementaux-et-sanitaires-72120224.html

2.  Le 23/04/2011 à 12h10, heptan a dit :

Pourquoi faire une enquête sur le gaz de schiste alors qu’aux US, cela fait 10 ans qu’ils l’exploitent? Avec les dégâts qu’on connait: cancers, animaux qui meurent, enfants asthmatiques, nappes contaminées, paysages dévastés, balais de camions incessants….
Mais officiellement, seulement UNE petite fuite…. trois fois rien, puisque les propriétaires ont été indemnisés…
Officieusement… c’est un désastre total…qui leur coûtera trèèès cher.

Pas grave, on leur vendra de l’eau en bouteille :)

3.  Le 27/04/2011 à 11h35, Mathilde Chevallier a dit :

Bonjour,

@Heptan : Au nom du principe de précaution, une enquête est mise en place pour s’assurer que l’exploitation du gaz de schiste en France ne reproduira pas le même schéma qu’aux Etats-Unis.

@ JMB : L’INERIS a commencé des recherches même si l’organisme n’a pas été mandaté. Vous pouvez consulter la note de l’INERIS.

4.  Le 14/12/2011 à 12h17, Alex Jardin a dit :

Le processus de fracturation hydraulique est une vraie catastrophe écologique : injecter de l’eau, du stable et des produits chimiques ( cf http://www.selectra.info/index.php/Gaz-de-schiste.html ) à très haute pression pour fracturer la roche et libérer les poches de gaz revient à polluer longuement et durablement nos sous-sols et l’eau qui en provient, sans aucune considérations des équilibres naturels et humains en présence. Il faut résister encore et toujours aux lobbies des grands gaziers qui veulent se faire du fric, peu importe l’état de la planète. Il faut rejoindre les indignés du Larzac de la Lozère, de l’Hérault et de l’Aveyron pour que le gouvernement ne passe pas en force!

5.  Le 14/12/2011 à 17h28, Clément Blasco a dit :

Bonjour Alex,
Vous avez tout à fait raison, le gaz de schiste ne peut pas être une solution viable et il est la cause d’un péril écologique. Aux consommateurs d’agir à la pompe et de résister !

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