[Gaz de schiste] Des nappes phréatiques polluées en Pennsylvanie

[Gaz de schiste] Des nappes phréatiques polluées en PennsylvanieLe biologiste Robert Jackson, professeur à la Duke University à Durham (Etats-Unis), a mené une étude liée au gaz de schiste en Pennsylvanie. Ses observations révèlent de fortes teneurs en méthane, éthane et propane dans l’eau des nappes phréatiques prélevée à proximité des gisements de gaz de schiste. Pire, cette pollution concerne aussi les zones situées jusqu’à un kilomètre autour des points de forage.

Une pollution par le méthane, l’éthane et le propane

L’équipe de M. Jackson a analysé l’eau souterraine de 141 points de prélèvement, dont des puits privés du nord-est de la Pennsylvanie. 80% des échantillons contiennent de fortes doses de méthane. A moins d’un kilomètre des gisements, les niveaux enregistrés sont six fois plus élevés que la normale ! Certains affichent une teneur en méthane qui excède 10 milligrammes par litre (mg/l), seuil de préoccupation pour les autorités sanitaires américaines. L’eau la plus polluée a une teneur en méthane de près de 70 mg/l. D’autres gaz ont aussi été décelés en grande quantité : le propane et l’éthane dont les concentrations sont 23 fois plus élevées.
Bien sûr, les scientifiques ont tenté d’expliquer les raisons de cette forte présence de méthane. Topographie ? Composition du sous-sol ? Non, le seul facteur serait la proximité du forage de gaz de schiste.

Un risque de fissures

Si le lien avec l’exploitation du gaz de schiste est incontestable, M. Jackson ne pointe pas du doigt pour autant la technique de la fracturation hydraulique. Le principe de cette dernière est d’injecter sous haute pression et à très grande profondeur de l’eau associée à du sable et à des adjuvants chimiques. Ainsi fracturée, la roche libère les gaz emprisonnés.
Il est possible que les contaminations proviennent de mauvaises pratiques de forage ou des défauts dans les installations d’extraction. C’est d’ailleurs ce que suggère un autre résultat de l’étude, puisqu’il existe une relation entre les niveaux de contamination et l’âge des puits situés à proximité des sites de production : plus ils sont vieux et plus l’eau est polluée.
Les opposants à cette technique arguent que la technique de la fracturation risque de créer de longues fissures dans le sous-sol. Cela pourrait amener les réserves de gaz à communiquer avec les nappes phréatiques.

Etes-vous pour l’exploitation du gaz de schiste ? Que pensez-vous de l’exploration simple et de la technique de la fracturation hydraulique ?

Vos réactions

14 Juil

Je trouve scandaleux que ce sujet reste d’actualité après les dégâts constatés aux Etats-Unis.

Je suis violemment contre l’exploitation du gaz de schiste – il y a plusieurs autres énergies renouvelables à développer.

On ne doit pas favoriser l’enrichissement de certains contre le malheur de toute la population.

vincent
14 Juil

Il est ridicule de continuer de dire que la fracturation hydraulique qui se situe entre 2.000 et 2.500 mètres est la cause des problèmes rencontrés dans les nappes situées dans les premières dizaines de mètres de la surface.
Penser que la fracturation fracture la roche jusqu’à la surface est tout simplement ridicule.
Par contre, lors du forage, des tubages doivent être posés et cimentés pour isoler la roche, du liquide et gaz circulant dans le tubage. Si les opérations de cimentation sont bâclées ou non suffisantes, des fluides peuvent remonter entre puits et tubage et provoquer des pollutions. C’est bien sûr alors du travail d’amateurs.

Alain DONAT
14 Juil

Contre ! Votre article est loin de refléter la réalité… Je vous conseille de regarder GASLAND, un documentaire diffusé sur Arte. La présence de gaz n’est pas dû à une défaillance du forage et des installations mais à la technique même de fracturation hydraulique. Je trouve votre article relativement gonflé d’affirmer le contraire, étant donné les procès et plaintes en cours aux USA. Bizarrement, vous passez sous silence le fait que là-bas, les riverains de ces exploitations obtiennent une eau inflammable à la sortie de leur robinet et que la présence de gaz dans l’environnement (fumées, etc) engendre la mort ou la maladie chez les êtres vivants… Ces pauvres gens en sont arrivés à devoir acheter et importer une eau venue d’ailleurs dans des citernes installées à l’extérieur ! Alors, non, pas de ça ici ! C’est trop dangereux et c’est prouvé.

Vine
15 Juil

Et certains s’étonnent encore du fait que certains pays ne veulent pas se lancer dans cette exploitation ?! A lire cet article, on voit combien les dangers de l’exploitation du gaz de schiste sont nombreux. Investissons dans les EnR plutôt que dans le gaz de schiste ! La planète nous remerciera.

Adrien
15 Juil

Il s’agit certainement de « mauvaises pratiques  » de forage. En effet, les réservoirs sont bien plus profonds que les nappes phréatiques et ne peuvent pas communiquer, même avec des  » fractures » longues. Le souci de la fracture hydraulique n’est pas la fracture en elle-même, mais l’utilisation de milliers de m³ de fluide qui doit être traité en surface, et pas du tout rejeté à l’environnement. Des techniques existent, il suffit d’y mettre les moyens.

Patrick
16 Juil

@Vincent : Merci pour votre commentaire. Chez Quelle Energie, nous souhaiterions que le gouvernement se penche plus sur le développement d’autres énergies renouvelables : solaire, l’éolien, la biomasse l’hydraulique… Il y a tant de choses à faire. Dommage de se concentrer sur des techniques dangereuses et polluantes !

Mathilde Chevallier
16 Juil

@Alain Donat : Justement, dans l’exemple des nappes phréatiques polluées en Pennsylvanie, la technique de la fracturation hydraulique n’est pas mise en cause. Par contre, ce qui est sûr, c’est que l’exploitation du gaz de schiste pollue les eaux des sous-sols.

Mathilde Chevallier
16 Juil

@Vine : Ce n’est pas nous qui affirmons que la technique de la fracturation hydraulique n’est pas mise en cause. C’est simplement le résultat de l’étude de Robert Jackson. Nous ne faisons que relater cette étude. Merci pour votre conseil de documentaire. Nous allons le regarder.

Mathilde Chevallier
16 Juil

@Adrien : Puisque vous êtes contre l’exploitation du gaz de schiste, je vous invite à signer la pétition en ligne : http://www.wwf.fr/s-informer/actualites/gaz-de-schiste-non-merci-!

Mathilde Chevallier
16 Juil

@Patrick : Peu importe les techniques, finalement, puisque cette étude prouve le lien entre gaz de schiste et pollution. Toutefois, pouvez-vous nous en dire plus sur ces autres techniques ? Avez-vous des liens de pages web que je pourrais consulter ?

Mathilde Chevallier
16 Juil

Effectivement, les pollutions ne sont pas dues à la fracturation comme le film gasland pourrait le laisser supposer. C’est en cela que la loi française est ubuesque. Créer ou agrandir des fissures d’une centaine de mètres, parfaitement suivies par mesures microsysmiques, à 3.000 mètres de profondeur, dans des roches par définition imperméables (sinon le gaz serait dans l’atmosphère depuis des millions d’années), ça ne peut pas communiquer avec les nappes de surface. Les pollutions sont dues à des pratiques de forage sommaires sur les 200 à 300 premiers mètres (on sait très bien faire sur les puits conventionnels) par des compagnies peu scrupuleuses qui ont su convaincre les propriétaires terriens avec force dollars – là-bas, on est propriétaire de son sous-sol. La réglementation laxiste est due à G.W. Bush et Dick Cheney. Comme quoi la pollution peut être politique !
Notre retard dans l’exploration des roches mères est en train de tuer notre raffinage et notre pétrochimie européenne face aux USA désormais autonomes en essence, en gaz bon marché, bientôt exportateurs. Il faudrait tester des techniques propres, explorer pour savoir ce qu’on a sous les pieds, évaluer si l’exploitation peut se faire à un coût acceptable : on le fera obligatoirement un jour, la politique de l’autruche n’est pas une politique et l’écologie politique est non scientifique.

Jean Pierre Moulard
16 Juil

@Jean Pierre Moulard : D’ailleurs, grâce au gaz et au pétrole de schiste, les Etats-Unis pourraient atteindre l’indépendance énergétique en 2017 ! Si retard il y a, il pourrait être compensé par le développement des énergies renouvelables, bien moins polluantes et dangereuses.

Mathilde Chevallier
16 Juil

Laissons le carbone fossile là où il est. II faut limiter au maximum son évasion pour éviter l’augmentation de la présence du CO2 partiellement responsable de l’effet de serre.
Utilisons au maximum les énergies renouvelables
IL NE FAUT PAS ALLER CHERCHER LES ENNUIS EN PROSPECTANT LES GAZ DE SCHISTE !

rostaing
16 Juil

@Rostaing : Chez Quelle Energie, nous souhaitons également que le développement des énergies renouvelables soit favorisé par rapport à l’exploration du gaz de schiste.

Mathilde Chevallier


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