Défi éco-technologique : l’autonomie des objets électroniques

Article publié le 14 février 2012 par

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Les objets électroniques sont omniprésents dans notre quotidien et impactent fortement nos besoins en électricité. Les fabricants sont invités à réduire drastiquement l’appétit énergétique de ces objets. Un fabricant est allé plus loin en rendant autonome un clavier grâce à des panneaux photovoltaïques intégrés. Alors à quand un ordinateur autosuffisant ? C’est en partie le pari de Mohamed FALL, fondateur de la startup Greensystech. Celle-ci s’est spécialisée dans la conception des micro-sources d’énergie renouvelable pour les objets communicants. Ces appareils, notamment employés dans la domotique, doivent être autonome en énergie. En effet, le remplacement d’une pile ou le raccord à une source d’énergie peuvent s’avérer contraignant.

Quelle Energie : Quelles sont les solutions que vous développez au sein de votre société pour rendre les équipements électroniques autonomes en énergie ?

Mohamed FALL : Nous développons des solutions utilisant des sources de micro-énergie afin d’assurer l’autonomie énergétique de ces objets. L’électricité est produite grâce à l’énergie ambiante (soleil, chaleur, vibration, etc..). Associé à des technologies innovantes de gestion de l’énergie, l’objet devient alors autonome.

QE : L’énergie solaire a-t-elle un potentiel de développement plus important que les autres sources d’énergies renouvelables et pourquoi ?

M F : Oui. Dans un environnement où le soleil est présent quelques heures par jour, l’énergie solaire revêt davantage d’intérêts que d’autres sources d’énergie.

QE : Le Smart Grid (réseau électrique intelligent) et la Domotique (gestion technique de l’habitat) sont les domaines pour lesquels vous concevez des micro-sources d’énergie renouvelable, dans combien de temps pensez-vous que ces domaines vont se démocratiser ?

M F : Le smart grid est un domaine d’avenir qui sera incontournable car il est un moyen rapide et peu cher pour améliorer l’efficacité énergétique. Ce réseau intelligent permettra une meilleure gestion de l’offre et de la demande en électricité. Il y a un projet pilote et expérimental en PACA concernant le déploiement de ce réseau. Je pense que cela se développera d’ici à 5 ans partout en France. Enfin, la domotique permet de rendre un habitat plus confortable et plus économe en énergie en contrôlant à distance les différentes applications (système de chauffage, éclairage,…) grâce à des objets communicants. Le marché est porteur et va fortement croître durant ces prochaines années.

QE : Avez-vous d’autres champs d’application ?

M F : Il existe un champs d’application immense pour les objets électroniques autonomes. Comme par exemple dans le domaine médical avec les BSN (Body Sensor Network : appareils de mesure pour le corps humain). Nous proposons notre technologie écologique aux applications existantes dans un grand nombre de domaines (surveillance de procédés industriels, réseaux de capteurs sans-fil,…).

QE : Ressentez-vous un réel intérêt des grands acteurs de l’électronique pour ces solutions innovantes ?

M F : Les fabricants de semiconducteurs croient en la technologie et ont même développé des circuits intégrés dédiés à ces faibles quantités d’énergie.

QE : Archos a pour ambition de rendre sa tablette tactile autonome en énergie d’ici 2 à 3 ans. Pensez-vous qu’un équipement informatique tel qu’un ordinateur pourra le devenir et si oui à quelle échéance ?

M F : Tout est une question d’utilisation. Si l’énergie captée pendant la charge est supérieure à l’énergie dépensée lors de l’utilisation sur le même temps, l’idée est viable. Il faut également tenir compte des sources d’énergie disponibles dans l’environnement et la quantité d’énergie que l’on peut en tirer. Il faut ensuite coupler cette étude technique à une étude « comportementale » de l’utilisateur typique d’un produit.

QE : La France a-t-elle encore une carte à jouer dans la fabrication des objets électroniques ?

M F : La France a encore de grandes cartes à jouer dans les objets électroniques intelligents, il y a de très bons ingénieurs et encore beaucoup d’idées à explorer. Là où le bas blesse, c’est au niveau du financement des startups.

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1 Commentaire pour cet article :

1.  Le 15/04/2012 à 11h02, renard a dit :

bravo Greensystech, bon courage, votre idée est très prometteuse. Effectivement le problème en France est la frilosité injustifiée de l’Etat et des banques.

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